mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403641 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BALDE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 juin 2024, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Bordeaux la requête de M. A E B.
Par cette requête, enregistrée le 28 février 2024, et une pièce complémentaire enregistrée le 7 août 2024, M. A E B, représenté par Me Baldé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé d'abroger l'arrêté du 20 novembre 2017 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée n'est pas motivée, en l'absence de réponse donnée à la demande de communication des motifs qui a été adressée à l'autorité administrative ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant.
Par une ordonnance du 20 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée le 20 septembre 2024.
Un mémoire en défense a été enregistré pour le préfet de l'Essonne le 3 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né le 15 juin 1979, déclare être entré en France en 2014. Le 28 juillet 2017, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de l'Essonne. Le 20 novembre 2017, la préfète de l'Essonne a pris à son encontre un arrêté par lequel elle a refusé de lui délivrer un titre de séjour et elle l'a obligé à quitter le territoire français. Par un courrier du 5 octobre 2023 réceptionné le 11 octobre 2023 à la préfecture de l'Essonne, M. B a sollicité l'abrogation de l'arrêté du 20 novembre 2017. Du silence de la préfète de l'Essonne, est née une décision implicite de rejet. M. B demande l'annulation de la décision implicite de la préfète de l'Essonne de refuser d'abroger l'arrêté du 20 novembre 2017.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ". D'autre part, les décisions de refus de séjour, qui constituent des mesures de police, doivent être motivées en application du 1° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Aux termes de l'article L. 232-4 de ce code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
3. Lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à l'abrogation d'une décision de refus de titre de séjour, le cas échéant assortie d'une obligation de quitter le territoire français, par un étranger qui fait valoir une modification dans les circonstances de fait ou dans la réglementation applicable, que cette demande d'abrogation soit assortie ou non de conclusions expresses tendant à la délivrance subséquente d'un titre de séjour, l'autorité administrative doit nécessairement examiner le droit au séjour de l'intéressé à la date à laquelle elle statue, dans des conditions qui ne diffèrent pas de l'examen auquel il est normalement procédé dans le cadre d'une demande de titre de séjour ; qu'elle doit être regardée comme disposant, pour ce faire, du délai de quatre mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de l'Essonne le 20 novembre 2017 et qu'il a, le 5 octobre 2023, sollicité l'abrogation de cet arrêté auprès de la préfecture de l'Essonne par un courrier recommandé qui a été reçu à la préfecture le 11 octobre 2023, ainsi qu'en atteste l'accusé de réception versé au dossier. Sans réponse à cette demande, une décision implicite de rejet est née le 11 février 2023. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a formulé une demande de communication des motifs de refus de cette décision le 4 mars 2024 et que celle-ci a réceptionnée par la préfecture de l'Essonne le 18 mars 2024. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne aurait répondu à cette demande. Par suite, dès lors que le préfet de l'Essonne n'a pas communiqué les motifs, ni en faits, ni en droit, de sa décision du 11 février 2024, celle-ci doit être annulée pour défaut de motivation.
5. Il résulte de ce qui précède, et après examen des autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le préfet de l'Essonne sur la demande d'abrogation de l'arrêté du 20 novembre 2017 qu'il a présentée le 5 octobre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement implique seulement, eu égard au motif d'annulation retenu au point 6, que le préfet de l'Essonne procède au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le préfet de l'Essonne sur la demande d'abrogation de l'arrêté du 20 novembre 2017 présentée le 5 octobre 2023 par M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de procéder au réexamen de la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B, au préfet de l'Essonne et à Me Baldé.
Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Cabanne, présidente,
M. C et Mme D, premiers conseillers,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.
La rapporteure,
S. D
La présidente,
C. CABANNE
La greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026