jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juin 2024, M. B D, représenté par Me Haas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 80 euros par jour de retard et, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son profit de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en ce que le médecin rapporteur aurait participé au débat du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que le principe de collégialité aurait été méconnu au cours de ce débat et en l'absence de signatures électroniques sécurisées de l'avis rendu par ledit collège ;
- en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation et a commis une erreur de droit ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour entraîne, par la voie de l'exception d'illégalité, l'illégalité subséquente de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français entraînent, par la voie de l'exception d'illégalité, l'illégalité subséquente de la décision fixant le pays de destination ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- l'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français entraînent, par la voie de l'exception d'illégalité, l'illégalité subséquente de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations des articles 6, 8 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mai 2024.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C,
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, né le 31 janvier 1984 à Bénin City (Nigéra), de nationalité nigériane, est entré irrégulièrement en France le 1er juillet 2020. Après le rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 21 juin 2021, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 18 novembre 2021, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 11 janvier 2020, décision qui n'a pas été exécutée. Il a ensuite sollicité le 14 mars 2022 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " du fait de son état de santé. Par un arrêté en date du 9 septembre 2022, la préfète de la Gironde a refusé de faire droit à sa demande et a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté ayant été annulé par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Bordeaux rendu le 9 novembre 2023, le requérant a obtenu le réexamen de sa situation. À l'issue de ce réexamen à l'effet d'obtenir la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", le préfet de la Gironde, par un arrêté en date du 29 mars 2024, a une nouvelle fois opposé un refus à sa demande de délivrance d'un titre de séjour et a assorti sa décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (..) L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
3. Il ressort de la lecture de l'avis rendu le 4 mars 2024 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, apporté en défense par le préfet de la Gironde, que le médecin ayant établi le rapport médical n'a pas participé au débat du collège et également que la tenue de celui-ci répond effectivement à l'impératif de collégialité tel qu'il est mentionné à l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant n'apportant aucun élément à l'appui de ses écritures permettant de contester utilement ce point. De plus, l'avis rendu le 4 mars 2024 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, apporté en défense par le préfet de la Gironde, est signé par les trois médecins qui ont participé à la délibération ayant abouti à son édiction, dans le respect de la condition de forme posée par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée (..) ".
5. S'il ressort des pièces produites par le requérant lui-même devant le tribunal, qu'il souffre de troubles schizo-affectifs et d'un état de stress post-traumatique, il ne ressort pas du certificat médical fourni le 5 janvier 2024 par son médecin traitant au médecin rapporteur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que l'arrêt de son traitement médicamenteux aurait, pour l'état de santé du requérant, des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, c'est en toute connaissance de cause et suffisamment éclairé par le certificat médical du médecin traitant du requérant comme par l'analyse qu'a pu en faire le médecin rapporteur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que le collège de médecins a pu considérer, dans son avis rendu le 4 mars 2024, que l'arrêt de son traitement médicamenteux n'aurait pas, pour le requérant, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, quand bien même un certificat médical établi postérieurement à la décision attaquée affirme le contraire mais tout en indiquant qu'il n'est pas possible de prévoir lesdits troubles. Le requérant n'établissant pas que contrairement à ce qu'a décidé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, l'interruption de son traitement médicamenteux entraînerait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le préfet de la Gironde n'était pas tenu d'examiner la disponibilité, dans son pays d'origine, dudit traitement qu'il suit actuellement pour se prononcer sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Il ressort enfin, tant de l'avis rendu le 4 mars 2024 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que des éléments transmis à l'appui de sa défense que le préfet a examiné de manière exhaustive et circonstanciée la situation du requérant. Ainsi, ce dernier ne peut dès lors valablement soutenir que le préfet de la Gironde, en édictant la décision attaquée n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation et aurait ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
7. Si le requérant fait valoir qu'il est le père d'un enfant qu'il a eu avec une ressortissante nigériane, il ne ressort pas des éléments qu'il produit que le couple aurait une communauté de vie, les relations du requérant avec son fils et sa compagne demeurant épisodiques et irrégulières. En outre, eu égard notamment aux conditions de vie très précaires en France de la mère de son fils, actuellement prise en charge avec son enfant par les services sociaux du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine du requérant dont la mère de son fils et ce dernier ont également la nationalité. Enfin, le requérant ne fait pas valoir dans ses écritures l'existence d'autres liens personnels tissés sur le territoire national ni l'existence d'un projet d'intégration en cours de concrétisation et ne démontre pas l'absence de tout lien familial dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Gironde en refusant d'admettre le requérant au séjour n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
9. S'il est établi que le requérant est le père d'un enfant qu'il a eu avec une ressortissante nigériane et qu'il participe à hauteur de ses possibilités à son entretien, il ressort toutefois des éléments produits à l'appui de ses écritures comme de ceux produits en défense par le préfet que le requérant n'entretient pas de relation suivie avec son fils, avec lequel il n'a jamais habité et que son investissement dans son éducation ne peut être regardé comme établi au sens et pour l'application des dispositions de l'article 371-1 du code civil. Au surplus, comme cela a été précédemment mentionné, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine du requérant dont la mère de son fils et ce dernier ont également la nationalité. Par suite, le requérant n'établit pas que le préfet de la Gironde aurait méconnu l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. Le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation pour excès de pouvoir de la décision attaquée du 29 mars 2024 du préfet de la Gironde portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.
11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
12. Pour les mêmes motifs que ceux adoptés au point 7 du présent jugement, le requérant ne peut valablement soutenir que le préfet de la Gironde aurait, en édictant sa décision du 29 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français, méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
13. Le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation pour excès de pouvoir des décisions du 29 mars 2024 du préfet de la Gironde portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de ces décisions doit en tout état de cause être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. Le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation pour excès de pouvoir de la décision attaquée du 29 mars 2024 du préfet de la Gironde portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français doit en tout état de cause être écarté.
15. Aux termes de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi () ".
16. Si le requérant fait valoir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ses écritures d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
17. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
18. Pour les mêmes motifs que ceux adoptés au point 7 du présent jugement, le requérant ne peut valablement soutenir que le préfet de la Gironde aurait, en décidant l'interdiction de retour sur le territoire français du requérant, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
19. Aux termes de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont été violés, a droit à l'octroi d'un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l'exercice de leurs fonctions officielles ".
20. Si le requérant fait valoir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit ses écritures d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
21. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
22. Pour les mêmes motifs que ceux adoptés au point 9 du présent jugement, le requérant ne peut valablement soutenir que le préfet de la Gironde aurait en interdisant au requérant de revenir sur le territoire français, méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête de M. D doit être écarté.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024 où siégeaient :
- M. Dominique Ferrari, président,
- Mme A E et Mme Khéra Benzaïd, premières conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
K. C
Le président,
D. Ferrari
La greffière,
E. Souris
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026