vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2403912 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2024, Mme B A présente un recours en référé par lequel elle demande au juge des référés :
1°) de statuer ce que de droit sur la demande de reconnaissance de maladie professionnelle covid long ;
2°) de dire que le Syndicat intercommunal des écoles de Lestiac sur Garonne et Paillet (SIELP) lui remettra tous les documents utiles à cette reconnaissance maladie covid long ;
3°) de dire que le SIELP saisira les instances compétentes afin que le nécessaire soit fait quant à sa reconversion professionnelle avec toutes conséquences de droit ;
4°) de statuer ce que de droit sur d'éventuels dommages et intérêts pour préjudice subi, dommages et intérêts laissés au bon vouloir du tribunal ;
Elle soutient que :
-du fait de la négligence du SIELP, elle se retrouvera le 7 juin 2024 sans aucune couverture médicale, financière et sociale ;
-au vu de l'éventuelle reconnaissance de sa maladie professionnelle, il est également important que son employeur fasse le nécessaire quant à sa reconversion professionnelle suggérée par le médecin du travail et les instances médicales du centre de gestion ;
-la situation est urgente.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande.
3. Mme A s'est bornée lors du dépôt de sa requête, réalisé au moyen de l'application " Télérecours citoyens ", à indiquer qu'elle saisit le tribunal en " référé " afin qu'il statue ce que de droit sur sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle de covid long.
4. En premier lieu, à la date de la présente ordonnance, la requérante n'a pas introduit de requête au fond tendant à l'annulation d'une décision en lien avec le présent litige. S'il apparait qu'elle a introduit un recours au fond, la requête n°2401720 enregistrée au greffe du tribunal le 9 mars 2024 est dirigée contre un arrêté du 18 décembre 2023 refusant une reconnaissance de maladie professionnelle. Selon ses propres termes, cette requête en annulation concerne un refus de reconnaissance de maladie professionnelle relatif à son genou gauche. Cet arrêté, qu'en toute hypothèse elle n'a pas produit à l'appui de son recours en référé, est donc sans lien avec la présente demande. En outre, si Mme A a joint un courrier qu'elle a adressé à son employeur en date du 9 mai 2024, sans d'ailleurs justifié de sa réception par le SIELP, aucune décision implicite de rejet n'est encore née. Une demande fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative est dès lors prématurée.
5. En deuxième lieu, Mme A n'établit ni même n'invoque l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
6. En troisième lieu, aucune mesure utile ne pourrait être ordonnée sans faire obstacle à l'exécution de la décision à intervenir suite à son courrier du 9 mai 2014, à supposer d'ailleurs qu'une position défavorable n'ait pas déjà été prise par le SIELP sur ses demandes. En toute hypothèse, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de " statuer ce que de droit sur [une] demande de reconnaissance de maladie professionnelle covid long ", ni a fortiori de " statuer ce que de droit sur d'éventuels dommages et intérêts pour préjudice subi ".
7. Par suite, quel que soit le fondement sur lequel la demande pourrait être fondée, les conclusions de la requête de Mme A doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera transmise pour information au Syndicat intercommunal des écoles de Lestiac sur Garonne et Paillet (SIELP).
Fait à Bordeaux, le 28 juin 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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