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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2404301

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2404301

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2404301
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationEloignement 72 heures
Avocat requérantBABOU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024 sous le n°2404301, et un mémoire enregistré le 12 juillet suivant, M. E C, représenté par Me Babou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2024 par lequel le préfet de la Gironde lui aurait refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable en termes de délais ;

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué dispose d'une délégation de signature régulière ;

- il est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que son droit à être entendu n'a pas été respecté ;

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la prétendue décision portant refus de titre de séjour :

- il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 et L.421-1, L233-1, L. 233-2, L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elle lui ait été régulièrement notifiée ;

- il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 et L.421-1, L233-1, L. 233-2, L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire, qui est elle-même illégale ;

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire, qui est elle-même illégale ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté fondamentale d'aller et venir ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

II. Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024 sous le n°2404302, et un mémoire enregistré le 12 juillet suivant, M. E C, représenté par Me Babou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2024 par lequel le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de 45 jours en vue de son éloignement effectif du territoire français au plus tard dans ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué dispose d'une délégation de signature régulière ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que son droit à être entendu n'a pas été respecté ;

- il porte une atteinte disproportionnée à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à son droit à la sûreté alors qu'il n'existe aucun risque de fuite ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

La présidente du tribunal a désigné Mme Denys, conseillère, en application des articles L. 614-5 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 12 juillet 2024 à 11h00, Mme Denys :

- a présenté son rapport ;

- a constaté l'absence des parties ;

- et a prononcé la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n°2404301 et n°2404302 concernent la situation de la même personne et sont dirigées contre des décisions prises concomitamment. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

2. M. A C, ressortissant tunisien né le 30 avril 1992, a fait l'objet d'un arrêté du 8 juillet 2024, par lequel préfet de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de 45 jours en vue de son éloignement effectif du territoire français au plus tard dans ce délai. M. A C demande au tribunal, par la requête enregistrée sous le n°2404301, d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2024, en tant qu'il porterait refus de titre de séjour et en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Il demande également, par la requête enregistrée sous le n°2404302, d'annuler l'arrêté du même jour portant assignation à résidence.

Sur l'étendue du litige :

3. Il résulte des dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-2 du code de justice administrative qu'il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ, fixant le pays de destination et interdiction de retour. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle la délivrance d'un titre de séjour aurait été refusée au requérant. Dès lors, il y a lieu de renvoyer ces dernières conclusions à une formation collégiale du tribunal compétent pour en connaître.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation de la requête n°2404301 :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

4. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2024, publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Gironde a donné délégation à M. D, chef de la section éloignement, a l'effet notamment de signer toutes les décisions prises en application des livres II, IV, V, VI et VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'ordre public. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme F n'aurait pas été absente ou empêchée à la date à laquelle a été pris l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Gironde s'est fondé pour prendre les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Gironde a procédé à un examen particulier de la situation de M. A C. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.

7. En dernier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A C a été auditionné le 8 juillet 2024 dans le cadre de la garde à vue qui a suivi son interpellation par les services de gendarmerie pour des faits de viol. Il en ressort également que l'intéressé a été informé, à l'occasion de cette audition, au cours de laquelle l'autorité préfectorale a pris connaissance de sa situation administrative et familiale, que le préfet de la Gironde était susceptible de prendre une décision portant obligation de quitter le territoire à son encontre. Dans ces conditions, alors même qu'il n'a pas été expressément interrogé sur les conséquences, sur sa situation, de la décision susceptible d'être prise à son encontre, l'intéressé doit être regardé comme ayant eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Par ailleurs, M. A C ne fait état d'aucune information susceptible, si elle avait été communiquée préalablement à l'édiction de la décision contestée, de faire obstacle au prononcé de la décision portant obligation de quitter le territoire dont il fait l'objet. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, à défaut d'avoir respecté son droit d'être entendu, consacré par le principe général du droit de l'Union, doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que la notification de l'arrêté attaqué, à M. A C, n'aurait pas été accompagnée de l'information des conditions, prévues aux articles L. 722-3 et L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lesquelles la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre peut être exécutée d'office ne peut qu'être écarté.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que lors de son audition le 8 juillet 2024, M. A C a indiqué être entré irrégulièrement en France le 26 août 2021 et ne pas disposer de titre de séjour. Ainsi, il entre dans le cas visé au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut prononcer une obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 421-1, L. 233-1, L. 233-2, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peuvent qu'être écartés.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Si M. A C fait valoir qu'il séjourne en France depuis le 26 août 2021, qu'il entretient une relation amoureuse avec une ressortissante espagnole et qu'il est inséré professionnellement, il ne produit aucune pièce de nature à établir tant la réalité de cette insertion que la réalité et l'intensité de sa relation amoureuse, alors qu'il a déclaré, lors de son audition le 8 juillet 2024, être célibataire. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine, dans lequel résident notamment ses parents. Dans ces circonstances, la décision contestée n'a pas porté au droit de M. A C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de la Gironde dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

14. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

15. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

16. En deuxième lieu, eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise, en prenant la décision en litige, le préfet de la Gironde n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et de venir de M. A C.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ".

18. Il résulte de ce qui a été dit au point 13 que M. A C, qui s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français depuis le 26 août 2021, n'établit pas disposer d'attaches privées et familiales stables sur ce territoire. Dans ces conditions, alors même qu'il ne s'est soustrait à l'exécution d'aucune mesure d'éloignement qui aurait été prononcée à son encontre et à supposer même que sa présence sur le territoire français ne constituerait pas une menace à l'ordre public, en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet de la Gironde n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n°2404302 :

19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

20. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Gironde s'est fondé pour assigner M. A C à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de 45 jours en vue de son éloignement effectif du territoire français au plus tard dans ce délai. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit être écarté.

21. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Gironde a procédé à un examen particulier de la situation de M. A C. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.

22. En quatrième lieu, M. A C, qui a été auditionné le 8 juillet 2024 par les services de gendarmerie, ne fait état d'aucune information susceptible, si elle avait été communiquée préalablement à l'édiction de la décision contestée, de faire obstacle au prononcé de la décision portant assignation à résidence dont il fait l'objet. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, à défaut d'avoir respecté son droit d'être entendu, consacré par un principe général du droit de l'Union, doit être écarté.

23. En cinquième lieu, eu égard à ce qui a été dit précédemment, l'autorité administrative n'a pas porté une atteinte excessive à la liberté d'aller et venir de M. A C en lui interdisant de se déplacer sans autorisation en dehors du département de la Gironde et en l'obligeant à se présenter une fois par semaine le lundi entre 9h00 et 12h00 au commissariat de police de Bordeaux. L'intéressé ne fait d'ailleurs état d'aucune circonstance particulière de nature à l'empêcher de respecter les obligations ainsi prescrites par l'arrêté. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

24. En sixième lieu, l'assignation à résidence ne constitue pas une mesure privative de liberté au sens de l'article 5-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article ne peut qu'être écarté.

25. En dernier lieu, M. A C ne fait état d'aucun élément de nature à établir que la décision de l'assigner à résidence dans le département de la Gironde pour une durée de 45 jours, porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté en date du 5 juillet 2024 en tant qu'il porterait refus de délivrance d'un titre de séjour à M. A C sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2404301 et la requête n° 204302 de M. A C sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, à Me Babou et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 12 juillet 2024.

La magistrate désignée,

A. DENYS La greffière,

H. MALO

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2404301, 2404302

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