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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2404387

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2404387

lundi 29 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2404387
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées respectivement le 12 et le 16 juillet 2024, Mme A C, représentée par Me Ghettas, demande au tribunal :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, ou à défaut, réexaminer sa situation, le tout dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition d'urgence est satisfaite s'agissant d'une décision de refus de renouvellement de titre de séjour, d'autant plus qu'elle risque de ce fait de ne pas poursuivre ses études et son stage ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté :

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation et d'examen particulier ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car elle a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France où elle vit depuis sept ans et y poursuit ses études ;

- le préfet aurait dû examiner la possibilité de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car elle est en situation régulière en France depuis six ans, suit des études avec sérieux et dispose de ressources suffisantes.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence semble remplie mais qu'il n'existe aucun moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté.

Vu :

- la requête au fond enregistrée le 15 mai 2024 sous le n° 2403148 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision qu'elle conteste ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 juillet 2024, en présence de Mme Malo, greffière d'audience :

- le rapport de M. B,

- et les observations de Me Ghettas représentant Mme C.

Le préfet de la Gironde n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Mme C est entrée en France le 15 avril 2017 en qualité de ressortissante vénézuélienne dispensée de visa d'entrée pour une durée de séjour de 90 jours. Au titre de son pouvoir discrétionnaire, le préfet lui a délivré un titre de séjour " vie privée et familiale " à compter du 31 juillet 2018 en raison de l'admission au séjour de sa mère, mariée en France le 24 juin 2017 avec un ressortissant français. Son dernier titre de séjour " vie privée et familiale " expirant le 2 janvier 2024, elle en a sollicité le renouvellement, le 4 décembre 2023, sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet lui a opposé un refus au motif qu'elle ne s'était pas présentée en préfecture malgré une convocation, retournée avec la mention " pli avisé et non réclamé " et qu'elle était dépourvue en France de liens privés et sociaux, notamment parce que sa mère faisait dorénavant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 16 avril 2024.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de l'arrêté du 16 avril 2024, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fins d'injonction, d'astreinte et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 29 juillet 2024.

Le juge des référés,

H. B

La greffière,

H. MALO La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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