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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2404696

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2404696

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2404696
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre des référés

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B, ressortissante arménienne, qui contestait un arrêté du 12 juillet 2022 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé la requête tardive, car introduite le 24 juillet 2024, soit au-delà du délai de quinze jours suivant la notification de l'arrêté, intervenue le 4 août 2022 par pli recommandé non réclamé. Cette irrecevabilité a été prononcée sur le fondement de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans examen des moyens soulevés (erreur de fait, article 8 de la CEDH, erreur manifeste d'appréciation). Les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de justice ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 29 août 2024, Mme A B, représentée par Me Reix, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette mesure ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui remettre, dans l'attente et une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

- le préfet a commis une erreur de faits ;

- ces décisions méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision fixant le pays de renvoi est fondé sur une obligation de quitter le territoire français illégale et doit être annulée par voie de conséquence.

Le préfet de la Gironde a produit des pièces enregistrées le 29 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante arménienne, déclare être entrée en France le 27 juillet 2021. Sa demande d'asile, enregistrée le 5 janvier 2022, a été rejetée par une décision rendue le 29 avril 2022 par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Par un arrêté du 12 juillet 2022, la préfète de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette mesure. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. / () ".

3. En l'espèce, l'arrêté du 12 juillet 2022 dont Mme B demande au tribunal l'annulation a été pris par la préfète de la Gironde sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et il mentionne les voies et délais de recours. Cet arrêté ayant été assorti d'un délai de départ volontaire, Mme B disposait, conformément aux dispositions ci-dessus rappelées, d'un délai de quinze jours suivant la notification de cet acte pour former à son encontre un recours pour excès de pouvoir. Mme B soutient que cet arrêté ne lui a pas été régulièrement notifié. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si le pli recommandé contenant l'arrêté ne précise pas la date à laquelle il a été présenté à l'adresse de Mme B, il a été retourné le 4 août 2022 à l'administration avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que l'arrêté litigieux a été notifié à cette date, au demeurant plus favorable pour la requérante. Ainsi la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté de la préfète de la Gironde du 12 juillet 2022 qui n'a été enregistrée que le 24 juillet 2024 est tardive. Elle doit dès lors être rejetée comme manifestement irrecevable y compris dans ses conclusions à fin d'injonction et au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le président du tribunal,

G. C

La greffière,

C. GIOFFRE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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