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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2404709

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2404709

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2404709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre des référés

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. E, ressortissant géorgien, contestant l'arrêté du préfet de la Gironde du 12 juillet 2024 lui refusant le séjour, l'obligeant à quitter le territoire et lui interdisant le retour pour un an. La juridiction a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, jugeant la décision proportionnée. Le tribunal a notamment considéré que le préfet n'avait pas commis d'erreur de droit en statuant après le rejet de la demande d'asile par l'OFPRA, et que l'intéressé ne justifiait pas d'une vie privée et familiale suffisamment établie en France. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, M. A E, représenté par Me Da Ros, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui remettre, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour :

- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet de la Gironde a commis une erreur de droit en prenant la décision avant le rejet définitif de sa demande d'asile ;

- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est fondée sur un refus de séjour illégal et doit être annulée par voie de conséquence ;

- cette décision est illégale dès lors qu'il a sollicité un titre de séjour pour raison de santé et qu'il entre dans la catégorie de ceux qui, pouvant bénéficier de plein droit d'un titre de séjour, ne peuvent pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;

- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire illégale et doit être annulée par voie de conséquence ;

- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet de la Gironde a produit des pièces enregistrées le 29 août 2024.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant géorgien né le 30 octobre 1994, est entré sur le territoire français le 25 octobre 2023. Par une décision du 29 mars 2024, notifiée le 10 avril 2024, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, statuant en procédure accélérée, a rejeté sa demande d'asile. Par un arrêté du 12 juillet 2024, le préfet de la Gironde a refusé d'admettre M. E au séjour au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an. M. E demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. M. E ayant obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 août 2024, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions aux fins d'admission provisoire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour :

4. Il ressort de la consultation du site de la préfecture, librement accessible, que Mme B D, directrice adjointe de la direction des migrations et de l'intégration et signataire l'arrêté attaqué, bénéficiait, par arrêté du préfet de la Gironde du 29 mars 2024, régulièrement publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation de signature à l'effet de signer toutes décisions, documents et correspondances pour les matières relevant de sa direction, au nombre desquelles figurent l'arrêté litigieux. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet acte doit être écarté.

5. Aux termes aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

6. L'arrêté attaqué, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation de M. E, mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement en visant d'une part, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et d'autre part les éléments relatifs à la situation personnelle du requérant, notamment le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA et son absence de liens familiaux en France. S'il soutient que la décision ne précise pas qu'il a déposé une demande de titre de séjour étranger malade, il ressort des pièces du dossier que cette demande a été enregistrée le 22 juillet 2024, postérieurement à la décision contestée. Les circonstances de droit et de fait sont suffisamment développées pour avoir mis utilement M. E en mesure de comprendre et de discuter les motifs de cette décision. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de la décision de refus de séjour doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, () ". Par ailleurs l'article L. 542-2 du même code dispose que " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ". Enfin, en vertu d'une décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015, la Géorgie est au nombre des pays d'origine sûrs.

8. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. E, qui se déclare ressortissant de la Géorgie, pays sûr, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides après avoir été examinée dans le cadre de la procédure accélérée prévue au 1°) de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application de l'article L. 542-2 du même code, le recours exercé par M. E devant la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de cette décision ne présente pas de caractère suspensif. Son droit à se maintenir en France a donc pris légalement fin à la date à laquelle la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a été notifiée, soit le 10 avril 2024. Dès lors, le préfet n'avait pas à attendre une éventuelle décision de la Cour nationale du droit d'asile et le moyen tiré de cette erreur de droit doit être écarté.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. M. E soutient qu'il est atteint d'une grave maladie pulmonaire, qu'il bénéficie en France d'un traitement et qu'il a sollicité un titre de séjour pour raison médical. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la demande de titre de séjour étranger malade est postérieure à la décision contestée. Ensuite, en se bornant à produire un certificat médical daté du 16 mai 2024 indiquant qu'il présente un asthme sévère persistant et qu'il bénéficie d'un suivi spécialisé en France pour une durée indéterminée, il n'établit pas que le défaut de prise en charge médicale risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa santé ni qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine. Par ailleurs, M. E est entré récemment en France et il ne démontre pas avoir noué sur le territoire français des liens particulièrement stables et intenses. A l'inverse, il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

11. La décision de refus de titre de séjour n'a ni pour objet, ni pour effet, de fixer le pays à destination duquel le requérant est susceptible d'être renvoyé d'office à l'expiration du délai de départ volontaire qui lui est accordé pour l'exécution d'une mesure d'éloignement. Par suite, il ne peut utilement invoquer, à l'appui de conclusions dirigées contre cette décision, la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen est inopérant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

12. Les moyens soulevés à l'encontre du refus de séjour ayant été écartés, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur une décision illégale et à en demander l'annulation par voie de conséquence.

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation doivent être écartés.

14. Si le requérant soutient qu'il entre dans la catégorie de ceux qui ne peuvent pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement, les éléments produits par le requérant rappelé au point 10 ne permettent pas d'établir la réalité de ses allégations. En outre, s'il a introduit une demande de titre de séjour en tant qu'étranger malade le 22 juillet 2024, cette demande est postérieure à l'arrêté attaqué et il n'est pas établi que le préfet aurait eu connaissance, à la date d'édiction de la décision attaquée, d'éléments relatifs à la situation médicale de M. E. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

15. La décision d'obligation de quitter le territoire n'a ni pour objet, ni pour effet, de fixer le pays à destination duquel le requérant est susceptible d'être renvoyé d'office à l'expiration du délai de départ volontaire qui lui est accordé pour l'exécution d'une mesure d'éloignement. Par suite, il ne peut utilement invoquer, à l'appui de conclusions dirigées contre cette décision, la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen est inopérant.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français serait illégale de ce fait et à en demander l'annulation par voie de conséquence.

17. Pour les mêmes motifs que ceux dits au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.

18. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

19. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

20. L'arrêté litigieux vise l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui constitue le fondement légal de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et énumère les différents critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a examiné la situation personnelle du requérant au regard de l'ensemble desdits critères. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée et ce moyen doit, dès lors, être écarté.

21. En l'espèce, pour interdire aux requérants de retourner sur le territoire français durant un an, le préfet de la Gironde s'est fondé sur la circonstance qu'il est entré récemment en sur le territoire national et qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. En conséquence, nonobstant l'absence de menace à l'ordre public, et compte tenu de la durée de l'interdiction, la décision attaquée lui interdisant de retourner en France pour une durée d'un an n'a pas méconnu les dispositions précitées et n'est pas entachée d'une erreur dans l'appréciation de sa situation et ces moyens doivent être écartés.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024.

Sur les autres conclusions de la requête :

23. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024, les conclusions aux fins d'injonctions et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Gironde.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le président du tribunal,

G. C

La greffière,

C. GIOFFRE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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