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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2405153

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2405153

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2405153
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi en référé par Mme A, qui demandait le rétablissement des services téléphoniques et internet de son père, privé d'accès suite au non-paiement de ses factures par sa gestionnaire de comptes. La requérante n’a pas précisé le fondement juridique de sa demande (L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative), n’a pas introduit de recours au fond contre une décision administrative et n’a pas démontré d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. En l’absence de ces éléments, la juge des référés a rejeté la requête comme manifestement irrecevable et mal fondée, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 aout 2024, Mme B A présente un recours en référé tendant à ce qu'un prêt de ligne téléphonique et numérique soit fait à son père M. C A.

Elle soutient que la gestionnaire des comptes bancaires de son père n'a pas, avant son départ en vacances, payé les factures de téléphone et internet de ce dernier qui se retrouve ainsi privé d'accès à France alerte et Doctolib et sans possibilité de téléphoner notamment au commissariat central de Bordeaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Aurélie Chauvin, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande.

3. Mme A se borne à saisir le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux sans préciser les dispositions du code de justice administrative sur le fondement desquelles elle présente sa demande dont elle ne justifie pas, au demeurant, qu'elle relèverait de la compétence de la juridiction administrative. A la date de la présente ordonnance, elle n'a pas introduit de requête au fond tendant à l'annulation d'une décision administrative, ne demande pas d'adresser à l'administration une injonction et elle n'établit pas davantage l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Bordeaux, le 19 aout 2024.

La juge des référés,

A. Chauvin

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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