mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2405656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | LANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés respectivement le 11 septembre 2024 et le 23 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Lanne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 septembre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à partir du 5 septembre 2024 ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'Etat, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- le signataire de la décision ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33 UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bilate, premier conseiller, pour statuer sur les recours présentés sur le fondement de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bilate,
- et les observations de Me Lanne, représentant de M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, précise que la norme européenne soulevée contre la décision contestée est en fait l'article 20 de la directive n° 2013/33 UE du 26 juin 2013, et produit une attestation du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 11 h20.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant mauritanien né en 1963 est, selon ses déclarations, entré en France le 7 mai 2024. Il demande l'annulation de la décision du 5 septembre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'il n'a pas sollicité l'asile dans un délai de 90 jours après son entrée sur le territoire français.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 11 juillet 2023 publiée sur le site internet l'OFII, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a consenti à M. D A une délégation à l'effet de signer toute décision se rapportant aux missions dévolues à la direction territoriale de Bordeaux telles que définies par la décision du 15 mars 2023, parmi lesquelles les décisions délivrant ou refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. ".
4. La décision vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et indique que l'intéressé ne peut se voir accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il a présenté une demande d'asile plus de 90 jours après son entrée sur le territoire. Ainsi, la décision comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, l'article 20 de la directive 2013/33 UE du 26 juin 2013 ayant été transposé en droit interne, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision en litige contreviendrait à ces dispositions. Le moyen tiré de sa méconnaissance doit donc être écarté.
6. En quatrième lieu, l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. ". Selon l'article L. 531-27 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée à la demande de l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile dans les cas suivants : () 3° Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France ; () ".
7. Pour refuser à M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, l'OFII a estimé que la date d'entrée en France du requérant qui devait être retenue était le 7 mai 2024. M. B ne conteste pas la date de son entrée sur le territoire, mais justifie la tardiveté de sa demande par la circonstance que c'est suite à des menaces dont lui et son épouse auraient fait l'objet dans leur pays d'origine commun en juillet 2024, et de ce que leur fille était sur le point de faire l'objet d'un mariage arrangé, que toute la famille aurait décidé de s'installer en France dans le cadre de demandes d'asile formulée par lui-même et son épouse. A l'appui de cette assertion, M. B verse une attestation ni datée ni signée qu'il présente comme rédigée par son épouse, et produit lui-même une attestation allant dans le même sens à l'audience. Or, d'une part, la décision contestée n'a pas pour effet ni pour objet d'obliger M. B à quitter le territoire. D'autre part, les attestations produites par M. B, peu circonstanciées et non étayées, ne sauraient être regardées comme probantes. De dernière part, à les supposer établies, ces circonstances ne sont pas de nature à constituer un motif légitime au sens du 4° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour déroger au délai de 90 jours institué par l'article L. 531-27 du même code. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'OFII a pu refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B.
8. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
9. Le requérant se prévaut d'une situation de très grande vulnérabilité et souffrir d'un diabète et de cholangiocarcinome intra-hépatique localement avancé, nécessitant un suivi médical. Si les certificats médicaux qu'il produit attestent de la réalité des troubles précités, ces seules circonstances ne suffisent toutefois pas à le faire regarder comme étant dans une situation de vulnérabilité dès lors qu'un suivi médical a été mis en place et qu'il n'est pas établi que la décision attaquée empêcherait la poursuite des soins. En outre, la circonstance que la décision aurait été prise avant d'attendre l'avis du médecin de zone est sans incidence sur sa régularité dès lors qu'il n'est pas établi ni même allégué que le requérant aurait retourné à l'OFII le certificat médical qui lui a été remis. Par suite, c'est sans erreur d'appréciation que l'OFII a pu refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision en litige doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Lanne et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le magistrat désigné,
X. BILATE
La greffière,
É. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026