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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2405706

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2405706

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2405706
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL CONQUAND-VALAY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du préfet de la Gironde refusant la délivrance d'une carte de résident à M. A. Le juge a constaté que la requête en annulation de cette décision, déposée le 13 septembre 2024, était tardive car intervenue après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois suivant la naissance de la décision implicite le 7 juillet 2024. En conséquence, la requête au fond étant irrecevable, la demande de suspension a été rejetée comme non fondée, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence ou les moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Valay, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du préfet de la Gironde lui refusant la délivrance d'une carte de résident, intervenue le 7 juillet 2024 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation à fin de délivrance de la carte de résident et de lui délivrer pendant cet examen un récépissé de demande de carte de séjour, ce dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à payer à son conseil en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve pour ce dernier de se désister du bénéfice d'aide juridictionnelle en cas d'accord

Il soutient que :

-la condition d'urgence est satisfaite car son récépissé arrive à échéance le 9 septembre 2024 ;

-il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision :

-elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle méconnaît les dispositions de l'article R.424-1 de ce code ;

-elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention de New York.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour exercer les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.

2. Lorsque la requête en annulation d'une décision administrative faisant l'objet d'une demande de suspension présentée au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est irrecevable, cette demande de suspension doit être rejetée comme non fondée.

3. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". L'article R 421-2 du même code précise : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. /La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête. (). ".

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.*432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, le 7 mars 2024, M. A a formé une demande de délivrance d'une carte de résident, comme en atteste la confirmation de dépôt jointe à la requête. En vertu des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de cette demande est née le 7 juillet 2024, comme s'en prévaut le requérant. La requête tendant à l'annulation de cette décision implicite, qui n'a pas été précédée d'un recours administratif, n'a été enregistrée, sous le n° 2405705, au greffe du tribunal que le 13 septembre 2024, soit après expiration du délai de recours contentieux de deux mois. La requête au fond est par conséquent tardive et, par suite, irrecevable. Dans ces conditions, les conclusions tendant à la suspension de cette même décision, présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, sont manifestement non fondées.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées à fin de suspension, et par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et d'astreinte, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

7. Dans les circonstances de l'espèce, par application de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2405706 de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et Me Valay.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 17 septembre 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2405706

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