lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2405839 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés d'enjoindre à la préfecture de la Gironde de retirer sa décision et de lui fournir un titre de séjour nécessaire pour la poursuite de ses études.
Il soutient que :
- il y a urgence à statuer car son attestation de prolongation d'instruction expire le 30 septembre 2024 ; il est inscrit pour l'année universitaire 2024/2025 à l'université Paris Cité afin d'y suivre une préparation à l'examen d'accès au centre régional de formation professionnelle d'avocats (CRFPA) ; la décision remet en cause ses activités professionnelles à titre de salarié et d'indépendant ; il est par ailleurs engagé dans une thèse doctorante afin de devenir professeur des universités ;
- conformément à la convention internationale France et Sénégal sur les flux migratoires et les métiers en tension de 2006, il pourrait prétendre à un titre de séjour " métiers en tension " ;
- la décision méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à la carte de séjour temporaire " étudiant " dont il remplit toutes les conditions ;
- elle méconnaît l'article R. 422-4 de ce code dès lors que la préfecture n'établit pas que l'université Paris Cité aurait " pour but principal de faciliter l'entrée des étrangers " ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au rejet par la préfecture de l'enseignement à distance de sa formation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu l'ordonnance n° 2405680 du juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux en date du 16 septembre 2024 ;
Vu :
- le code de l'entre et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour exercer les fonctions de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A a introduit un recours pour excès de pouvoir enregistré sous le n° 2405797 le 19 septembre 2024 par lequel il demande au tribunal d'enjoindre " à la préfecture de retirer sa décision et de [lui] fournir un titre de séjour nécessaire pour la poursuite de [ses] études ", soit des conclusions formulées dans les mêmes termes que la présente requête. Il n'appartient pas, cependant, au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'adresser des injonctions à titre principal à l'administration. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Gironde de retirer la décision du 11 juillet 2024 par laquelle ce dernier a rejeté la demande de renouvellement de carte de séjour " étudiant " de M. A apparaissent irrecevables.
3. En deuxième lieu, et en toute hypothèse, aucun des moyens invoqués par le requérant n'apparait manifestement propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 11 juillet 2024.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête, qui est manifestement mal fondée, doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête n° 2405839 de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 30 septembre 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2405839
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