mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2405879 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL CONQUAND-VALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Valay, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite intervenue le 7 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Gironde lui a refusé la délivrance d'une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation aux fins de lui délivrer une carte de résident et lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 11 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
-la requête est recevable et non tardive ;
-la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'absence de carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié le place dans une situation très délicate dans la mesure où il n'est pas en mesure de voyager et d'honorer son contrat de travail ; le récépissé qui lui a été délivré le 10 juin 2024 n'autorise pas le franchissement des frontières et a expiré le 9 septembre dernier et ne lui a pas été renouvelé ;
-il existe un doute réel et sérieux sur la légalité de la décision :
-elle est entachée d'une erreur de droit au regard des conditions posées par l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la carte de résident de parent d'enfant bénéficiant de la protection internationale ; son épouse, la mère E, s'est vu délivrer une carte de résident en sa qualité de mère de réfugié ; il a lui-même bénéficié d'un visa à ce titre ;
-elle méconnaît les dispositions de l'article R.424-1 du code qui fixe à trois mois le délai pour délivrer la carte de résident de plein droit ;
-elle porte une atteinte excessive à l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par l'article 3-1 de la convention de New-York.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2024, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que M. A est convoqué à la préfecture pour venir retirer un récépissé valable du 3 octobre 2024 au 2 janvier 2025 ; ce récépissé le place en situation régulière et l'autorise à travailler ; la requête est donc privée de son objet.
Par deux mémoires complémentaires, enregistrés respectivement le 4 et le 7 octobre 2024, M. A maintient ses conclusions initiales et développe les mêmes moyens.
Il précise que, contrairement à une autorisation de prolongation d'instruction, le nouveau récépissé délivré ne l'autorise pas à franchir les frontières ; son activité professionnelle l'amène à se rendre souvent au Sénégal ; le litige conserve dès lors son objet et l'urgence reste caractérisée ;
Vu :
- la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2405705 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
-l'ordonnance n° 2405706 du juge des référés du tribunal administratif en date du 17 septembre 2024 ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le mercredi 9 octobre 2024 à 10h00, en présence de Mme Gioffré, greffière d'audience :
- le rapport de M. Vaquero, juge des référés ;
- les observations de Me Valay, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ; elle ajoute que l'intéressé a besoin avant tout d'une autorisation lui permettant de franchir les frontières afin de reprendre ses activités professionnelles ;
- et les observations de Mme B, pour le préfet de la Gironde, qui maintient ses écritures en défense, ajoute que la requête est tardive et donc irrecevable, et qu'en toute hypothèse, l'instruction de la demande de carte de résident a repris son cours.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant guinéen, né le 7 avril 1989, père E A, née le 15 avril 2022, est arrivé en France sous couvert d'un visa délivré dans le cadre de la procédure de regroupement familial. Il a déposé, le 7 mars 2024, une demande de carte de résident en qualité de parent d'un enfant bénéficiant de la protection internationale. En l'absence de réponse de la préfecture de la Gironde, une décision implicite de rejet de sa demande est intervenue le 7 juillet 2024. M. A s'est vu délivrer un récépissé de demande de titre de séjour qui est arrivé à expiration le 9 septembre 2024 et qui n'a pas été renouvelé. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite du 7 juillet 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par le préfet de la Gironde :
4. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 3 octobre 2024, le préfet de la Gironde a adressé à M. A une convocation à venir retirer un récépissé de demande de titre de séjour, valable du 3 octobre 2024 au 2 janvier 2025. Si ce document vaut autorisation provisoire de séjour jusqu'à cette date dans l'attente de l'instruction de sa demande, il ne peut être regardé comme abrogeant la décision implicite contestée refusant la délivrance d'une carte de résident. Il s'ensuit que les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de cette décision n'ont pas perdu leur objet et qu'il y a lieu d'y statuer.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
5. Pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. En premier lieu, M. A, qui a sollicité le 7 mars 2024 la délivrance d'une première carte de résident, ne peut se prévaloir de la présomption évoquée au point précédent.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, comme il a été dit, que le préfet de la Gironde a mis à disposition du requérant, dès le 3 octobre 2024, un nouveau récépissé de demande de titre de séjour, valable du 3 octobre 2024 au 2 janvier 2025. Ce récépissé, qui vaut autorisation provisoire de séjour, autorise M. A à travailler. Si ce dernier fait valoir que ce récépissé ne lui permet pas de voyager à l'étranger, il apparaît, d'une part, que la mission professionnelle au Sénégal dont il se prévaut était prévue du 23 au 27 septembre 2024 et n'a donc plus lieu d'être au jour de la présente ordonnance, et d'autre part, qu'il n'est pas démontré que son contrat de travail aurait été rompu ou suspendu. En toute hypothèse, M. A s'est vu délivrer un précédent récépissé valable du 10 juin au 9 septembre 2024. Ainsi, les difficultés qu'il invoque pour voyager à l'étranger ne sont pas nouvelles.
8. En troisième lieu, il résulte des déclarations du requérant à l'audience, lequel a attendu plus de deux mois après l'intervention de la décision du 7 juillet 2024 pour introduire sa première requête en référé suspension le 13 septembre 2024, que celui-ci ne s'est toujours pas rendu au guichet de la préfecture pour y réceptionner le nouveau récépissé valable du 3 octobre 2024 au 2 janvier 2025.
9. Pour toutes ces raisons, M. A ne justifie pas de la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense ni d'examiner les moyens soulevés dans la requête, les conclusions présentées aux fins de suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet intervenue le 7 juillet 2024, ainsi que celles présentées à fin d'injonction et d'astreinte, doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Valay et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 9 octobre 2024.
Le juge des référés,La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026