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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2405881

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2405881

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2405881
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé, rejette la demande de suspension d’un avis à tiers détenteur émis par l’administration fiscale. Le juge retient d’abord son incompétence territoriale au profit du tribunal de Poitiers, le litige relevant de la Charente-Maritime. Il relève ensuite que le requérant n’a pas introduit de recours en annulation au fond, condition préalable à une demande de suspension sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La requête est donc rejetée comme manifestement irrecevable en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées respectivement le 21 et le 24 septembre 2024 via l'application " Télérecours citoyen ", M. A B demande au juge des référés :

1°) de suspendre l'exécution de l'avis à tiers détenteur émis par l'administration fiscale le 21 septembre 2024, jusqu'à ce qu'une décision au fond soit rendue ;

2°) de mettre à la charge de l'administration fiscale les frais irrépétibles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- il y a urgence à statuer compte tenu de l'impact grave et immédiat sur sa situation économique et financière ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision : il n'a pas été mis en mesure d'exercer son droit de réponse et de rectification ; le montant prélevé ne reprend pas la TVA déductible de la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Il résulte des dispositions précitées qu'une requête aux fins de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation de la décision dont il demande la suspension.

3. Enfin, aux termes de l'article R. 312-1 du même code : " Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée ou a signé le contrat litigieux () ". Aux termes de l'article R.522-8-1 du même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

4. M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'avis à tiers détenteur d'un montant de 14 391,16 euros émis par la direction des finances publiques du département de la Charente-Maritime, et révélé par le prélèvement sur son compte bancaire de la somme correspondante au titre de " virement blocage saisie " le 18 septembre 2024. Cet avis à tiers détenteur fait suite à une vérification de compatibilité réalisée par l'administration fiscale le 4 novembre 2022.

5. En premier lieu, en application des dispositions de l'article R. 312-1 précité, en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires particulières, la juridiction administrative territorialement compétente n'est pas le tribunal administratif de Bordeaux, le litige relevant de la compétence territoriale du tribunal administratif de Poitiers.

6. En deuxième lieu, en toutes hypothèses, il ressort des termes de la requête que M. B a entendu saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressé n'a pas introduit, par requête séparée, un recours au fond sollicitant l'annulation de la décision contestée, dont il ne produit pas au demeurant la copie.

7. Il résulte de ce qui précède que la présente requête, en ce compris les conclusions à fin de suspension et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n°2405881 de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie sera transmise pour information à la direction départementale des finances publiques du département de la Charente-Maritime.

Fait à Bordeaux, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au préfet de la Charente Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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