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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2405916

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2405916

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2405916
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantALBRESPY AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B, qui demandait l'annulation de la décision de non-opposition à déclaration préalable prise par le maire de Néac pour l'installation d'un garage en bois. La requérante n'a pas justifié avoir notifié son recours au maire et au bénéficiaire de l'autorisation dans le délai de quinze jours prévu par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, malgré une demande de régularisation. En application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Néac ne s'est pas opposé à la demande de déclaration préalable présentée par Mme D C en vue de l'installation d'un garage en bois sur un terrain situé 2 impasse des Cailloux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant () une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présenta code (). / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt () du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'auteur d'un recours contentieux contre une déclaration préalable est tenu, à peine d'irrecevabilité de ce dernier, de notifier une copie du recours contentieux et, le cas échéant, du recours gracieux qui l'a précédé, ou un courrier reprenant intégralement l'exposé des faits et moyens ainsi que les conclusions de la demande, tant à l'auteur de l'acte ou de la décision qu'il attaque qu'à son bénéficiaire. La production du certificat de dépôt de la lettre recommandée suffit à justifier de l'accomplissement de la formalité de notification lorsqu'il n'est pas soutenu devant le juge qu'elle aurait eu un contenu insuffisant au regard de l'obligation d'information qui pèse sur l'auteur du recours.

4. Il appartient au juge, au besoin d'office, de rejeter le recours comme irrecevable lorsque son auteur, après y avoir été invité par lui ou en réponse à une fin de non-recevoir soulevée en défense, n'a pas justifié de l'accomplissement des formalités requises par les dispositions précitées.

5. A l'appui de sa requête dirigée contre la déclaration préalable du 23 juillet 2024, Mme B n'a pas justifié du respect de l'obligation de notification de son recours au titulaire et à l'auteur de l'autorisation délivrée, dans les délais prescrits par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, une demande de régularisation a été adressée à cet effet à la requérante par le biais de l'application Télérecours le 8 octobre 2024 et dont elle a reçu notification le 9 octobre suivant. En dépit de ce courrier qui l'informait qu'à défaut de régularisation dans un délai de quinze jours sa requête pourra être rejetée comme irrecevable, la requérante n'a pas produit la preuve de la notification de son recours contentieux au maire de la commune de Néac et au titulaire de l'autorisation en litige ni justifié de l'inopposabilité de cette formalité faute d'affichage régulier de la décision de non-opposition à déclaration préalable. Par suite, les conclusions en annulation sont entachées d'une irrecevabilité manifeste et doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Bordeaux, le 25 octobre 2024.

La présidente,

C. CABANNE

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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