jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2405965 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024 sous le numéro 2405965, M. A B demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite intervenue le 28 mars 2024 par laquelle Bordeaux Métropole a refusé de lui communiquer divers documents administratifs, ensemble les décisions du 29 mai 2024 et du 19 juin 2024 par lesquelles Bordeaux Métropole a confirmé ce refus ;
2°) d'enjoindre à Bordeaux Métropole de lui communiquer des rapports et supports illustrés argumentés produits régulièrement par Keolis Bordeaux Métropole et dont l'existence est mentionnée dans les rapports du délégataire, de la cartographie ou la liste des zones identifiées comme problématiques à la suite de l'instrumentation d'une rame de tramway évoquée dans le rapport du délégataire, de la " distance en service " totale parcourue par les rames de tramway par an et la " durée en service " totale des rames de tramway par an, de la méthode de calcul du taux de pannes du tramway, des éléments de comparaison sur le taux de panne et sur le taux d'indisponibilité du tramway à Bordeaux avec d'autres réseaux de tramway, des études confirmant l'opportunité et la faisabilité de l'ajout de deux lignes de tramway E et F sur le réseau de tramway existant grâce à un aiguillage au niveau de la Porte de Bourgogne, du taux de régularité et de ponctualité de chaque ligne de tramway par an et par mois, du taux d'indisponibilité et du nombre d'interruptions de chaque ligne de tramway par an et par mois, du taux de pannes et du nombre de pannes de chaque ligne de tramway par an et par mois, de la durée de chaque panne, de la durée de chaque interruption, de la fréquentation de chaque station de tramway par an et par jour.
Il soutient que :
-la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il a donné plusieurs opportunités à Bordeaux Métropole de répondre à sa demande, que ses données sont essentielles pour apprécier l'exploitation du réseau de transport collectif confié à Bordeaux Métropole à un délégataire ;
-il existe un doute sérieux sur la légalité de ces décisions, compte tenu que les motifs opposés par Bordeaux Métropole sont entachés d'erreur de fait et de droit eu égard aux obligations de communication du code des relations entre le public et l'administration.
II. Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024 sous le numéro 2405966, M. A B demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite intervenue le 17 mai 2024 par laquelle Bordeaux Métropole a refusé de lui communiquer divers documents administratifs réalisés dans le cadre de la phase n°1 de l'étude d'opportunité et de faisabilité d'un métro à Bordeaux ;
2°) d'enjoindre à Bordeaux Métropole de lui communiquer les documents correspondants : le diagnostic urbain et spatial, le diagnostic des déplacements, le diagnostic technique, la proposition d'itinéraires de desserte et analyse multicritères, le rapport, comprenant le rendu des diagnostics urbain, déplacements et technique, les plans des tracés, une analyse multicritère des différentes propositions de tracés, et un compte rendu de chaque réunion sous une semaine suivant la réunion.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la phase n°2 est en cours d'achèvement, et que Bordeaux Métropole fait preuve d'une mauvaise volonté récurrente ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision : Bordeaux Métropole a commis une erreur quant à la qualification juridique de ces documents au regard des dispositions de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité de Bordeaux Métropole, le 28 février 2024, la communication de divers documents administratifs relatifs à la délégation de service public du " tramway Keolis ". En l'absence de réponse, il a saisi la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) le 9 avril 2024, laquelle a rendu un avis favorable en date du 30 mai 2024. Par un courrier du 29 mai 2024, Bordeaux Métropole a fait droit, partiellement, à sa demande. Par un courrier du 19 juin 2024, Bordeaux Métropole n'a pas fait droit à sa demande portant sur d'autres documents sollicités le 28 février 2024. M. B a également sollicité de Bordeaux métropole, le 17 avril 2024, la communication d'une série de documents relatifs à la phase n°1 de l'étude d'opportunité et de faisabilité d'un métro à Bordeaux. Une décision implicite de rejet de sa demande est intervenue le 17 avril 2024. M. B a saisi la CADA qui a rendu un avis favorable le 12 juillet 2024. Par les présentes requêtes, M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des différentes décisions de refus qui lui ont été opposées. Ces deux requêtes présentent à juger des questions comparables. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué conjointement.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. Au cas présent, M. B se borne à soutenir, dans les deux requêtes, qu'il a donné la possibilité à Bordeaux Métropole de répondre à ses demandes et qu'il constate une mauvaise volonté récurrente de la part de l'établissement public. Il soutient également, en termes très généraux, que " les données demandées sont essentielles pour permettre aux usagers, aux citoyens et aux contribuables d'apprécier l'exploitation du réseau de transport en commun confié par Bordeaux Métropole à un délégataire " et que, s'agissant des documents relatifs à l'étude d'opportunité de faisabilité du métro de Bordeaux, la communication des documents réalisés dans la phase n°1 du projet sont indispensables pour apprécier la pertinence des conclusions tirées à l'issue de la phase n°2, phase n°2 qui, au demeurant, selon le planning du suivi de mission est achevée. Ces circonstances ne sont toutefois pas de nature à établir l'existence d'une urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, nécessitant qu'il soit statué à brève échéance sur les deux requêtes. En toute hypothèse, M. B a attendu plusieurs mois à compter des décisions attaquées avant d'introduire ses requêtes en référé.
5. Il résulte de ce qui précède que la condition tenant à l'urgence n'étant pas satisfaite, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées à fin de suspension et d'injonction par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes n° 2405965 et 2405966 de M. B sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie sera transmise pour information à Bordeaux Métropole.
Fait à Bordeaux, le 3 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2405965
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