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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2405989

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2405989

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2405989
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par une ancienne agent contractuelle de la commune de Blanquefort pour obtenir, sous astreinte, la délivrance d'une attestation de fin de contrat nécessaire à son inscription à France Travail. La commune ayant transmis le document après l'introduction de la requête, le juge a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions principales. Il a toutefois condamné la commune, en tant que partie perdante, à verser 800 euros à l'avocate de la requérante au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de celle-ci à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, Mme A, représentée par Me Mindren, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la commune de Blanquefort de lui délivrer une attestation destinée à France Travail dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Blanquefort le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

-la mesure sollicitée est utile et urgente compte tenu de la fin de son contrat à durée déterminée le 31 août 2024 ; cette attestation est nécessaire pour exercer ses droits auprès de Pôle Emploi ;

-la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors qu'il est constant qu'elle a effectivement occupé un emploi auprès de la commune ;

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 2 octobre 2024, Mme A prend acte du non-lieu à venir mais maintient ses conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, tout en les ramenant à 800 euros.

Elle fait valoir que, par un courriel du 30 septembre 2024, la commune de Blanquefort lui a transmis les documents sollicités et qu'ainsi elle ne s'opposera pas à un non-lieu à statuer.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, la commune de Blanquefort conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a été recrutée par la commune de Blanquefort en contrat à durée déterminée afin de répondre à un besoin temporaire de surcroît d'activité pour la période du 1er janvier 2024 au 31 août 2024. A l'issue de son contrat, elle a sollicité de son employeur, les 3 et 4 septembre 2024, une attestation de fin de contrat en vue de son inscription auprès des services de France Travail. En l'absence de réponse satisfaisante, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de Blanquefort de lui remettre cette attestation.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour prendre en cas d'urgence toute mesure utile, peut se prononcer sans tenir d'audience publique. Il peut également, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence de la demande, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur le non-lieu à statuer :

4. Il résulte de l'instruction que, par courriel du 30 septembre 2024, soit après l'introduction de la requête, la commune de Blanquefort a procédé à la transmission à Mme A de l'attestation de fin de contrat demandée, ce dont la requérante a pris acte. Le litige se trouve ainsi privé d'objet. Il n'y a plus lieu, dès lors, de statuer sur ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 qu'il y a lieu d'admettre provisoirement Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Mindren, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de la commune de Blanquefort, qui apparaît comme la partie perdante à l'instance, le versement à Me Mindren de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à la requérante.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à la commune de Blanquefort de lui transmettre l'attestation de fin de contrat de travail.

Article 3 : La commune de Blanquefort versera à Me Mindren, avocate de Mme A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Mme A obtienne le bénéfice de l'aide juridictionnelle et que Me Mindren renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Blanquefort.

Fait à Bordeaux, le 3 octobre 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2405989

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