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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2406009

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406009

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406009
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Bordeaux rejette la demande de suspension de l'exécution de la décision de la commission académique de l'académie de Bordeaux du 19 juillet 2024, confirmant le refus d'autorisation d'instruction en famille pour l'enfant A au titre de l'année scolaire 2024/2025. Le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a estimé que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, les requérants n'ayant pas justifié de circonstances particulières justifiant une intervention rapide du juge, malgré le bénéfice d'une autorisation pour l'année précédente. Par conséquent, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, M. E D et Mme C B, représentés par Me Verdier, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 par laquelle la commission académique de l'académie de Bordeaux a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 14 juin 2024 par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Dordogne a refusé leur demande d'autorisation d'instruction en famille pour leur enfant A, né le 29 novembre 2020, au titre de l'année scolaire 2024/2025, ensemble la décision de refus initiale ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Bordeaux de délivrer à titre provisoire, jusqu'au jugement au fond, l'autorisation d'instruction en famille de leur fils sur le fondement du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;

3°) d'enjoindre à titre subsidiaire à la rectrice de reconsidérer la situation de A en tirant toutes les conséquences de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la famille a besoin d'être fixée sur le sort de sa demande eu égard à l'implication nécessaire et à la mise en place des matériels pédagogiques ; A a bénéficié d'une autorisation d'instruction en famille pour l'année scolaire 2023/2024 ; le retard dans l'introduction de la requête n'est pas dû à de négligence ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositons du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ; la situation propre à l'enfant n'a pas à être justifiée ;

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- la requête n°2406008 enregistrée le 26 septembre 2024 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision contestée ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. D et Mme B ont formé une demande d'instruction en famille pour leur fils A, né le 29 novembre 2020, auprès de l'académie de Bordeaux pour la rentrée scolaire 2024/2025. Par décision du 14 juin 2024, la directrice académique des services de l'éducation nationale (DASEN) de la Dordogne a rejeté cette demande. Par une décision du 19 juillet 2024, la commission académique a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre ce refus. M. D et Mme B demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024, ensemble la décision du 14 juin 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu'elle est dénuée d'urgence, ou qu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.

3. En premier lieu, la décision de la commission académique en date du 19 juillet 2024, prise sur recours administratif préalable obligatoire, s'est substituée à la décision de la DASEN de la Dordogne du 14 juin 2024. Il s'en suit que les conclusions à fin de suspension en tant qu'elles sont dirigées contre cette première décision sont irrecevables.

4. En deuxième lieu, pour justifier de l'urgence, les requérants soutiennent que la famille a besoin d'être fixée sur le sort de sa demande eu égard à l'implication nécessaire et à la mise en place des matériels pédagogiques, que A a bénéficié d'une autorisation d'instruction en famille pour l'année scolaire 2023/2024 et que le retard dans l'introduction de la requête n'est pas dû à de la négligence. Il résulte toutefois de l'instruction que c'est par une décision du 19 juillet 2024 que la commission académique de l'académie de Bordeaux a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par les requérants le 3 juillet 2024. Il n'est pas soutenu que cette décision n'aurait pas été réceptionnée dans les jours suivants. Elle comportait en outre la mention des voies et délais de recours et l'indication que le recours contentieux n'a pas d'effet suspensif. Les requérants n'ont introduit la présente requête en référé, de même d'ailleurs que leur recours au fonds, que le 26 septembre 2024, soit près d'un mois après la rentrée des classes. Ils ne prétendent ni ne démontrent que A n'aurait pu être inscrit dans un établissement d'enseignement public ou privé, ni que plusieurs semaines après la rentrée scolaire leur fils rencontrerait des difficultés telles qu'il y aurait urgence pour le juge à statuer à brève échéance sur leur requête. En outre, la seule circonstance que A a été autorisé à être instruit en famille sur l'année scolaire 2023/2024, compte tenu notamment de son très jeune âge, n'est pas de nature à caractériser une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Pour l'ensemble de ces raisons, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées aux fins de suspension de la décision du 19 juillet 2024, ainsi que par voie de conséquence celles à fin d'injonction, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

5. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il y a lieu également de rejeter les conclusions des requérants présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2406009 de M. D et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D et Mme C B.

Copie sera transmise pour information à la rectrice de l'académie de Bordeaux.

Fait à Bordeaux, le 4 octobre 2024.

Le juge des référés,

M. Vaquero

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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