vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406127 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, Mme D A B, représentée par Me Poudampa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de rejet de son recours gracieux dirigé contre la décision du 15 février 2024 par laquelle le préfet de Lot-et-Garonne a rejeté sa demande de délivrance d'un passeport et d'une carte nationale d'identité pour son fils C A B ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 30 juillet 2024, Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- le décret n° 2005-1726 du 30 décembre 2005 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ()".
2. Mme A B a déposé le 2 février 2024 une première demande de passeport et carte nationale d'identité pour son fils C A B né le 13 septembre 2020 à Bordeaux. Par une décision du 15 février 2024, le préfet de Lot-et-Garonne a rejeté cette demande aux motifs que des demandes précédentes ont été rejetées le 23 mars 2023 et le 6 novembre 2023 et que l'intéressée n'apporte aucun nouvel élément. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B a formé le 14 avril 2024 un recours gracieux contre cette décision. Pour contester la décision rejetant ce recours gracieux, la requérante se borne à invoquer une erreur manifeste d'appréciation sans apporter aucun élément de fait ou de droit au soutien de son moyen. Cet unique moyen n'étant pas assorti de précision permettant au juge d'en apprécier le bienfondé, et aucun mémoire complémentaire n'ayant été produit, il y a lieu, dans ces conditions, de rejeter la requête par application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur le retrait de l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : () ; / 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable / () ". Aux termes de l'article 51 de la même loi : " Le retrait de l'aide juridictionnelle peut intervenir en cours d'instance et jusqu'à un an après la fin de l'instance. Il peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : / () 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50 ". Aux termes de l'article 65 du décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Lorsque la procédure engagée par le bénéficiaire de l'aide a été jugée dilatoire, abusive ou manifestement irrecevable, le retrait est prononcé par la juridiction saisie qui en avise le bâtonnier et le bureau d'aide juridictionnelle. / Le retrait entraîne l'obligation, pour le bénéficiaire, de rembourser le montant de la contribution versée par l'Etat ".
4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la présente procédure engagée par
Mme A B, bénéficiant de l'aide juridictionnelle, est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de lui retirer l'aide juridictionnelle par la décision du bureau d'aide juridictionnelle 30 juillet 2024.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : L'aide juridictionnelle accordée à Mme A B est retirée.
Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A B et au préfet de Lot-et-Garonne.
Fait à Bordeaux, le 20 décembre 2024
La présidente de la 5ème chambre
A. Chauvin
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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