vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GHETTAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Ghettas, demande au juge des référés, sais sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de le convoquer pour remise d'un récépissé ou à défaut de lui adresser directement ledit récépissé par voie postale ou dématérialisée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve pour cette dernière de se désister du bénéfice d'aide juridictionnelle en cas d'accord.
Il soutient que :
- il y a urgence dès lors qu'il se trouve donc en situation irrégulière et qu'il est donc dans l'impossibilité de travailler alors même qu'il est parent de deux enfants en bas âge aux besoins desquels il doit subvenir ; il pourrait donc être éloigné de sa fille alors même qu'il bénéficie d'un cas d'attribution de titre de séjour de plein droit ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle est indispensable pour qu'il puisse continuer à exercer son activité professionnelle ;
- la mesure sollicitée ne va pas à l'encontre d'une décision administrative existante car sa demande de titre de séjour est toujours en cours d'instruction.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés le 14 octobre 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête, et fait valoir qu'il a convoqué une deuxième fois le requérant au guichet de la préfecture le 23 juillet 2024, puis le 3 octobre 2024, sans que M. A soit présent ; il lui a adressé une nouvelle convocation pour le 14 novembre 2024 ; il n'y a donc aucune urgence à statuer sur sa demande dans ces conditions ; en toute hypothèse, il ne démontre pas être en mesure de travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant burkinabé, né le 4 octobre 1983, a sollicité le 14 février 2024 son admission au séjour en qualité de parent d'enfant réfugié. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Gironde de le convoquer pour remise d'un récépissé ou à défaut de lui adresser directement ledit récépissé par voie postale ou dématérialisée.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Compte tenu de l'urgence à statuer, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Le juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour prendre en cas d'urgence toute mesure utile, peut se prononcer sans tenir d'audience publique.
4. Il résulte de l'instruction que M. A, qui a déposé le 14 février 2024 une demande d'admission au séjour, a été convoqué une première fois, par lettre simple, au guichet de la préfecture afin de compléter son dossier. L'intéressé s'est présenté à cette convocation. Il apparait cependant que, convoqué une nouvelle fois au guichet de la préfecture le 23 juillet 2024, par lettre simple envoyée à la même adresse, M. A ne s'est pas présenté au rendez-vous. Il résulte encore de l'instruction et il n'est pas contesté, qu'il a été convoqué une nouvelle fois, par lettre simple adressée à la même adresse, à se présenter au guichet de la préfecture le 3 octobre 2024, sans davantage honoré le rendez-vous et sans justifier d'un quelconque motif pour cette absence. En toute hypothèse, le préfet produit la copie d'une nouvelle convocation pour le 14 novembre 2024, cette fois adressée par lettre recommandée contre accusé de réception, toujours à la même adresse, afin de finaliser l'instruction de sa demande. Enfin, si le requérant affirme être dans l'impossibilité de travailler, il n'apporte aucun élément permettant d'apprécier le bien-fondé de cette allégation. Dans ces conditions, compte tenu des diligences accomplies par la préfecture et en l'absence de toute explication de l'intéressé, M. A ne saurait être regardé comme justifiant de la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire et les conclusions relatives aux frais de l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. M. A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2406146 est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de la Gironde et à Me Ghettas.
Fait à Bordeaux, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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