mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406184 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. et Mme E et C A, représentés par Me Ballade, demandent au tribunal :
1°) de joindre cette action à celle enregistrée sous le numéro 2106672 ;
2°) de surseoir à statuer dans l'attente de l'intervention de l'arrêt de la cour administrative d'appel dans l'instance n° 24BX01200 ;
1°) d'annuler l'arrêté du 7 août 2024 par lequel le maire de la commune du Barp a accordé à M. B un permis de construire modificatif pour la construction d'une maison d'habitation située chemin du sardinon, parcelle cadastrée BL 26 ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Barp une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la présentation du dossier de permis de construire est frauduleuse ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant ; l'espace boisé classé n'est pas bien reproduit ; le maire n'a pas pu vérifier les conditions de desserte ; le maire n'a pas pu vérifier les conditions de traversée de l'espace boisé classé par les réseaux ;
- si l'emprise du déboisement a été réduite, M. B n'a pas signé l'engagement de reboisement, lequel est obligatoire ;
- la construction d'une maison d'habitation est prohibée en zone naturelle ; par ailleurs, la maison d'habitation est partiellement construite sur un réservoir de biodiversité ;
- le projet de construction méconnaît l'espace boisé classé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ().
2. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé par un permis modificatif peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si un tel permis modificatif est notifié dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations ". Aux termes de l'article L. 600-5-2 du même code : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance. ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme que le requérant partie à l'instance ayant donné lieu à un jugement avant dire droit sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ne peut contester la légalité de la mesure de régularisation, sur laquelle le tribunal l'a invité à présenter des observations, que dans le cadre de la même instance.
4. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que le permis de construire modificatif attaqué a été autorisé par le maire de commune du Barp en exécution du jugement n° 2106672 avant dire droit du 20 mars 2024 du tribunal administratif de Bordeaux qui a fait application des dispositions citées au point 2 de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Il appartient ainsi aux requérants, dès lors qu'ils étaient parties à l'instance ayant donné lieu à ce jugement, de contester la légalité de cet acte dans le cadre de cette même instance, conformément à l'invitation qui leur en a été faite par le tribunal. En revanche, ils ne sont pas recevables à présenter une nouvelle requête tendant à l'annulation de ce permis de construire modificatif. Dès lors, cette requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste et peut être rejetée en faisant application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par suite, la requête de M. et Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme E et C A.
Copie en sera adressée pour information à la commune du Barp et à M. D B.
Fait à Bordeaux, le 8 octobre 2024
La présidente,
C. CABANNE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
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