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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2406206

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406206

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406206
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de fermeture de la section sportive scolaire rugby du collège Henri de Navarre présentée par la commune de Coutras. Le juge a estimé que l'annonce de fermeture faite lors du conseil d'administration du collège, sans vote, ne constituait qu'un avis en application de l'article R. 421-23 du code de l'éducation et non une décision administrative faisant grief. Par conséquent, la requête a été jugée manifestement irrecevable et rejetée sans examen de l'urgence ou du doute sérieux sur la légalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 octobre 2024, la commune de Coutras, représentée par son maire M. A B, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de fermeture de la section sportive scolaire rugby du collège Henri de Navarre.

Elle soutient que :

- le maire de Coutras a reçu délégation, par une délibération du conseil municipal du 24 mai 2020, à l'effet d'intenter, au nom de la commune, les actions en justice ; il est donc habilité à saisir le juge administratif d'une requête en référé pour suspendre la décision de fermeture de la section sportive scolaire rugby du collège Henri de Navarre ;

- le juge administratif est compétent pour connaitre de la légalité de la décision par laquelle le collège Henri de Navarre a décidé de la fermeture de la section sportive scolaire rugby ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; le collège Henri de Navarre n'était pas compétent pour décider de la fermeture de la section sportive scolaire rugby ; en l'absence de demande de fermeture de la section sportive avant le 29 septembre 2023, le collège n'a pas respecté les prescriptions posées par la circulaire de la rectrice de la région académique Nouvelle-Aquitaine du 21 juillet 2023 relative à la création, reconduction, fermeture des sections sportives scolaires pour la préparation de la rentrée 2024, relatives aux cas de demandes de fermeture d'une section sportive scolaire ; en l'absence de vote par le conseil d'administration, le collège n'a pu émettre un avis sur l'éventuelle fermeture de la section sportive scolaire rugby et la décision de fermeture de cette section est entachée d'un vice de procédure ; en procédant à la fermeture de la section sportive scolaire rugby, le collège Henri de Navarre n'a pas respecté les procédures prévues par l'article 1er de la convention de partenariat pour la mise en place et le fonctionnement de ladite section dès lors que quarante-quatre élèves en moyenne sur dix ans ont participé à cette section ; la décision de fermeture de la section sportive scolaire rugby a été prise dans un but étranger à celui prescrit par le cadre règlementant la fermeture des sections sportives scolaire.

Vu :

- la requête enregistrée le 4 octobre 2024 sous le n° 2406205 par laquelle la commune de Coutras demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-23 du code de l'éducation : " Le conseil d'administration, sur saisine du chef d'établissement, donne son avis sur : / 1° Les mesures annuelles de créations et de suppressions de sections, d'options et de formations complémentaires d'initiative locale dans l'établissement () ".

3. La commune de Coutras fait valoir que, lors du conseil d'administration du collège Henri de Navarre du 24 juin 2024, la fermeture de la section sportive scolaire rugby a été annoncée sans vote. Cette seule annonce, à la supposer établie, ne peut en tout état de cause, qu'être regardée que comme un avis du conseil d'administration, en application de l'article R. 421-23 du code de l'éducation précité. Par suite, une telle déclaration ne peut être regardée comme une décision de fermeture de la section sportive scolaire rugby dudit établissement, et ne présente pas, ainsi, le caractère d'un acte administratif faisant grief.

4. Il résulte de ce qui précède que, faute d'être dirigées contre une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir, les conclusions à fin de suspension présentées par la commune de Coutras sont entachées d'une irrecevabilité manifeste et doivent, dès lors, être rejetées par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2406206 de la commune de Coutras est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Coutras.

Copie sera transmise pour information à l'académie de Bordeaux.

Fait à Bordeaux, le 8 octobre 2024.

La juge des référés,

N. Gay

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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