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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2406272

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406272

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406272
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Bordeaux concerne le refus d'admission en master 1 "droit notarial" opposé par l'université de Bordeaux à M. A. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution de cette décision. La solution retenue est fondée sur le constat qu'aucun des moyens invoqués par le requérant (incompétence de l'auteur de l'acte, défaut de motivation, vice de procédure, erreur manifeste d'appréciation) n'était de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 et 18 octobre 2024, M. C A, représenté par Me Mindren, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 31 juillet 2024 refusant son admission en master 1 " droit notarial " de l'université de Bordeaux ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au président de l'université de Bordeaux de l'admettre en master 1 " droit notarial ", ou à défaut de procéder au réexamen de sa candidature, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

4°) de mettre à la charge de l'université de Bordeaux une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et, en cas de refus d'aide juridictionnelle, sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation dès lors qu'il se trouve sans master pour poursuivre le cursus qu'il avait entamé malgré de nombreuses diligences entreprises pour entrer en master de droit ; eu égard à la circonstance que l'année universitaire a débuté, la condition d'urgence doit être regardée comme satisfaite ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; la décision initiale rejetant sa candidature en master 1 " droit notarial " a été prise non par le président mais par le responsable pédagogique, elle émane donc d'une autorité incompétente ; la décision est entachée d'un défaut de motivation, ni la décision initiale, ni le courriel du 23 septembre 2024 ne font état des éléments de droit sur lesquels reposent la décision contestée ; la décision contestée est entachée d'un vice de procédure dès lors que les capacités et les critères de sélection en master 1 mention " droit notarial " n'ont pas été définis ; les délibérations fixant les capacité d'accueil en master 1 et définissant la procédure de sélection en master 1 n'ayant pas été publiées, la décision de refus d'admission en master est privée de base légale ; au vu des notes très satisfaisantes obtenues, des lettres de recommandations et de l'expérience de M. A, la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire enregistré le 18 octobre 2024, l'université de Bordeaux conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute quant à la légalité de la décision.

Vu :

- la requête enregistrée le 8 octobre 2024 sous le n° 2406271 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le vendredi 18 octobre 2024 à 14h30, en présence de Mme Souris, greffière d'audience, Mme Gay a lu son rapport et entendu :

- Me Mindren, pour M. A, qui confirme ses écritures ;

- Mme B, représentant l'université de Bordeaux, qui confirme ses écritures.

La clôture de l'instruction a eu lieu à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, titulaire du diplôme de " bachelor " en marketing et commercialisation, obtenu auprès de l'ESSCA à l'issue de l'année universitaire 2023-2024, a sollicité son admission en première année de master mention " droit notarial " à l'université de Bordeaux. Par une décision du 31 juillet 2024, le président de l'université de Bordeaux a rejeté sa demande. M. A a formé un recours gracieux contre cette décision de refus, par un courrier du 17 septembre 2024, reçu le 24 septembre 2024, ainsi que par un message du 20 septembre 2024, auquel il a été répondu le 23 septembre 2024. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 31 juillet 2024, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision du 31 janvier 2024 :

4.. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'université de Bordeaux, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. A la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête n° 2406272 présentée par M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à l'université de Bordeaux.

Fait à Bordeaux, le 18 octobre 2024.

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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