jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, Mme E C, représentée par Me Lanne, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 11 octobre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) à titre principal, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de l'admettre au bénéfice total des conditions matérielles d'accueil à compter du 17 septembre 2024 ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de compétence ;
-la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 20 de la directive 2013/33/UE ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 20 5° de la directive 2013/33/UE, compte tenu de la pathologie dont elle est atteinte et de celle affectant son fils.
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes dirigées contre des décisions mettant fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou refusant de les rétablir.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique du 23 octobre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue des débats.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C, ressortissante guinéenne, a déposé une demande de réexamen de demande d'asile auprès de la préfecture de la Gironde le 17 septembre 2024, ainsi qu'une demande d'asile pour son enfant. En raison de ce que l'intéressée a déposé une demande de réexamen, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil par une décision du 11 octobre 2024. Par la requête visée ci-dessus, Mme C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions relatives à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. En premier lieu, par une décision du 11 juillet 2023 publiée sur le site internet l'OFII, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a consenti à M. D B une délégation à l'effet de signer toute décision se rapportant aux missions dévolues à la direction territoriale de Bordeaux telles que définies par la décision du 15 mars 2023, parmi lesquelles les décisions délivrant ou refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la directive 2013/UE/33 ayant été transposée en droit interne, la méconnaissance des dispositions de l'article 20 de ladite directive ne peut pas être utilement invoquée à l'encontre de la décision individuelle attaquée, dès lors qu'il n'est fait état d'aucune inconventionnalité des actes de transposition.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ".
6. Si Mme C soutient qu'elle est porteuse du virus de l'hépatite B et que son fils, outre qu'il est affecté de la même pathologie, souffre de bronchiolites à répétition, ces circonstances ne permettent pas de caractériser une situation de vulnérabilité au sens des dispositions précitées. Par suite, c'est sans erreur de droit ni erreur d'appréciation que la décision attaquée a été prise.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 7 octobre 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions en injonction sous astreinte et relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1 : Mme C est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
D. ALa greffière,
C. Gioffré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026