mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406464 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2024, le comité départemental de Gironde d'athlétisme, représenté par Me Barandas, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 25 septembre 2024 par laquelle le président de la fédération française d'athlétisme a décidé de le mettre sous tutelle ;
2°) de mettre à la charge de la fédération française d'athlétisme la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision plaçant sous tutelle le comité départemental de Gironde porte gravement et immédiatement atteinte à ses intérêts ; cette décision a pour conséquence d'interdire à ses organes dirigeants, démocratiquement élus, de gérer toute activité administrative, juridique ou financière ; la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision ; la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence du respect du contradictoire, en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et du principe général des droits de la défense ; la décision ne présente aucun énoncé des considérations de fait qui constituent le fondement de la décision en violation de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration ; le comité directeur de la Fédération française d'athlétisme a commis une erreur de droit et inexactement apprécié les faits en considérant qu'une mesure de tutelle pouvait être prise à son encontre.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 septembre 2024, le président du comité directeur de la fédération française d'athlétisme a décidé de mettre sous tutelle le comité départemental de Gironde d'athlétisme en application de l'article 4.3 des statuts de la fédération. Le comité départemental de Gironde d'athlétisme demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
3. Si le comité départemental de Gironde d'athlétisme présente, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions à fin de suspension, il n'a pas introduit par ailleurs de requête distincte à fin d'annulation contre la décision dont il sollicite la suspension. Sa requête est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la fédération française d'athlétisme, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à payer au comité départemental de Gironde d'athlétisme la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête n° 2406464 présentée par le comité départemental de Gironde d'athlétisme est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au comité départemental de Gironde d'athlétisme.
Fait à Bordeaux, le 22 octobre 2024.
La juge des référés,
N. Gay
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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