mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2406487 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 octobre 2024, enregistrée le 18 octobre 2024 au greffe du tribunal, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal de Bordeaux, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Bordeaux le 18 octobre 2024, Mme B, a formé un recours en référé sous l'application " Télérecours Citoyens " contre un arrêté du 10 octobre 2024 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a accordé le concours de la force publique à compter du même jour.
Elle soutient que :
- elle s'est installée sur la commune de Saint-Pierre-sur-Dropt il y a un an ; elle a conclu un bail commercial pour la partie agricole et un bail d'habitation pour la maison d'habitation située sur le même lieu ; les propriétaires l'ont assignée en justice pour non-paiement des loyers ; le caractère illégal du bail commercial sur la partie agricole a été reconnu et l'affaire est renvoyée devant le tribunal paritaire des baux ruraux avec une audience prévue le 28 novembre 2024 ; le jugement pour la partie d'habitation était en sa défaveur en ce qu'il a prononcé son expulsion à la date du 5 juin 2024, mais son avocat a fait appel, l'audience étant prévue le 4 décembre 2024 ;
- la condition d'urgence est remplie ; elle est en couple avec deux enfants âgés de 6 et 4 ans et a ses parents à charge, son père étant atteint de la maladie de Parkinson ; des démarches ont été effectuées auprès de l'ADIL 47 ainsi qu'auprès de deux assistantes sociales mais aucune solution de relogement n'est envisageable au vu de sa situation ; en effet, elle ne peut s'éloigner de ses animaux et ses enfants sont scolarisés sur la commune de Duras ; aucune action en sa faveur n'a été menée par les divers services sociaux contrairement à ce qu'indique l'arrêté attaqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Enfin, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Par un arrêté du 10 octobre 2024, le préfet de Lot-et-Garonne a accordé le concours de la force publique à M. Jean-Philippe Viguier, commissaire de justice, en vue de la mise en œuvre du jugement du 15 février 2024 par lequel le tribunal de proximité de Marmande a prononcé la résiliation judiciaire du contrat de location de Mme A B. Cette dernière, qui produit l'arrêté du 10 octobre 2024 et qui indique former une requête en référé contre cet arrêté, doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision préfectorale. Cependant, la requérante n'a pas introduit, par ailleurs, de requête distincte à fin d'annulation contre la décision dont elle sollicite la suspension. Sa requête est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie sera transmise pour information au préfet de Lot-et-Garonne.
Fait à Bordeaux, le 23 octobre 2024.
La juge des référés,
N. Gay
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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