mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2407076 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | ATGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2024, et un mémoire, enregistré le 29 novembre 2024, Mme C B, représentée par Me Atger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à Me Atger, avocat de Mme B, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, si l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée, à verser à Mme B, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, aucun examen de sa vulnérabilité n'ayant été mené en amont de la décision attaquée ;
* un motif légitime justifie le retard de sa demande d'asile ;
* elle est en situation de vulnérabilité ;
* la privation des conditions matérielles d'accueil est contraire à l'article 20 de la directive 2013/33/UE, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte des informations qu'elle a transmises à l'administration concernant la présence en France de ses trois enfants mineurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
* le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
* le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Naud, premier conseiller, en application des dispositions de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. Naud, premier conseiller ;
* les observations de Me Atger, représentant Mme B, assistée de Mme A, interprète en langue anglaise, qui persiste dans ses précédentes écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 14 juillet 2003 et de nationalité nigériane, est entrée en France, selon ses déclarations, le 4 mars 2022 et a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 août 2022 et par la Cour nationale du droit d'asile le 26 janvier 2023. Le préfet de la Charente-Maritime a pris un arrêté en date du 30 juin 2023 portant à son encontre refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et décision fixant le pays de destination. Par un jugement n° 2301930 du 7 août 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Poitiers a rejeté son recours dirigé contre cet arrêté. Le 13 novembre 2024, l'intéressée a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 13 novembre 2024. Mme B demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile / () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 () prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. () ".
4. En premier lieu, il n'est pas sérieusement contesté que Mme B a bénéficié, le 13 novembre 2024, de l'entretien personnel, prévu à l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant d'évaluer sa vulnérabilité. Dès lors, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.
5. En deuxième lieu, Mme B soutient dans sa requête initiale qu'un motif légitime justifie le retard de présentation de sa demande d'asile. Toutefois, le refus en litige ne lui a pas été opposé sur le fondement du 4° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui est relatif à la présentation de la demande d'asile dans le délai de 90 jours à compter de l'entrée en France, mais du 3° de cet article L. 551-15 qui est relatif à la présentation d'une demande de réexamen de la demande d'asile. Dès lors, le moyen doit être écarté comme étant inopérant.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a déjà été indiqué au point 1, que Mme B avait présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 août 2022 et par la Cour nationale du droit d'asile le 26 janvier 2023 et qu'elle a introduit une demande de réexamen de sa demande d'asile le 13 novembre 2024. Le motif de refus des conditions matérielles d'accueil au titre du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est donc fondé.
7. S'agissant de la vulnérabilité de la requérante, il s'avère que si elle est sans ressources, elle est hébergée par la fondation "Le Refuge". Concernant son état de santé, l'attestation du pôle addictologie à Rochefort du 16 juin 2024 et l'ordonnance du 20 novembre 2024 ne suffisent pas à établir qu'elle souffrirait de troubles psychologiques graves. Enfin, il n'est pas établi que son orientation sexuelle aggraverait sa situation de précarité en France. Dans ces conditions, sa vulnérabilité ne fait pas obstacle au refus que l'OFII lui a opposé.
8. En dernier lieu, Mme B soutient que la privation des conditions matérielles d'accueil est contraire à l'article 20 de la directive 2013/33/UE, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte des informations qu'elle a transmises à l'administration concernant la présence en France de ses trois enfants mineurs. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante ait des enfants. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 13 novembre 2024 portant à son encontre refus des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B étant rejetées, le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être également rejetées.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OFII, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024,
Le magistrat désigné,
G. NAUD
La greffière,
É. SOURIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026