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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2407164

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407164

mardi 8 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407164
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantGUYON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A B, ressortissant irakien, qui contestait un arrêté préfectoral du 24 octobre 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant un retour d'un an. Le tribunal a examiné les moyens soulevés, notamment la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais les a jugés infondés. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des demandes, y compris la suspension de la mesure d'éloignement et les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Guyon, avocate, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la notification définitive de la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le refus de séjour est insuffisamment motivé ;

- le préfet de la Gironde n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation ;

- le refus de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le refus de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de considérations humanitaires de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour ;

- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation eu égard aux conséquences particulièrement graves en cas de retour dans son pays ;

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- le préfet de la Gironde n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation ;

- l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur un refus de séjour illégal ;

- la décision fixant le pays de destination est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;

- cette décision méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- cette décision méconnait les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur dans l'appréciation de sa situation ;

- par les justificatifs qu'il produit, traduits le 3 aout 2024, il présente des éléments sérieux de nature à justifier son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Le préfet de la Gironde a produit des pièces enregistrées le 26 décembre 2024 qui ont été communiquées.

Par une ordonnance du 26 novembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2025.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Chauvin a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant irakien né le 2 octobre 1994, déclare être entré en France le 20 mars 2023. Par une décision du 31 juillet 2023, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. La Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a rejeté le recours dirigé contre cette décision le 9 avril 2024. Sa demande de réexamen a été déclarée irrecevable par une décision rendue le 28 août 2024 par l'OFPRA. M. B a formé, le 9 octobre 2024, un recours devant la CNDA contre cette décision. Par un arrêté du 24 octobre 2024, le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'implique la reconnaissance du statut de réfugié ou la protection subsidiaire, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2025. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour :

4. En premier lieu, le refus de séjour attaqué vise les considérations de droit sur lesquels il est fondé, notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation du requérant ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet de la Gironde énonce également les éléments de fait caractérisant la situation de M. B. Il précise notamment sa date d'entrée, les conditions d'enregistrement et d'examen de sa demande d'asile qui a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA le 9 avril 2024, le rejet de sa demande de réexamen le 28 aout 2024, et que par conséquent, il ne bénéficie plus du droit de se maintenir en France. Il examine ensuite les principaux éléments objectifs et concrets caractérisant la vie privée et familiale de l'intéressé, en relevant que le requérant est marié, mais que son épouse ne réside pas sur le territoire français, ni leur enfant etqu'il a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine où il n'est pas démontré qu'il serait isolé et dans l'incapacité de reconstituer sa cellule familiale. Enfin, il indique qu'il ne justifie pas d'une intégration dans la société française et ne produit aucun document établissant son insertion durable dans la société française. Ainsi, le refus de séjour est suffisamment motivé en droit et en fait. Il ne résulte pas de la motivation de cette décision que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. B. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". L'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité, l'intensité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré récemment sur le territoire français et n'a été autorisé à y séjourner que durant l'instruction de sa demande d'asile. Il ne conteste pas être marié, et que ni son épouse, ni son enfant ne résident sur le territoire français. Il ne se prévaut d'aucun lien personnel et familial stable et ancien sur le territoire français. Par ailleurs, M. B a vécu, selon ses propres déclarations, jusqu'à l'âge de vingt ans en Irak, où il ne soutient pas être dépourvu d'attaches familiales. S'il fait valoir qu'il ne peut pas retourner dans son pays d'origine, où il a été condamné à mort, cet élément est sans incidence sur la légalité de la décision portant refus de séjour, qui n'a ni pour objet, ni pour effet, de fixer le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé. Par suite, le refus de séjour attaqué ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Gironde n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que cette décision emporte sur sa situation.

7. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le requérant ait demandé son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ne résulte pas des termes de la décision attaquée que le préfet aurait examiné, d'office, la possibilité de l'admettre au séjour sur ce fondement. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article est inopérant et ne peut être accueilli.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, les moyens soulevés à l'encontre du refus de séjour ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de son recours dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet. Le moyen doit donc être écarté.

9. En second lieu, l'obligation de quitter le territoire français vise les textes dont elle fait application, et précise les principaux éléments objectifs et concrets caractérisant la situation personnelle de M. B. Ainsi, l'obligation de quitter le territoire français justifiée par le refus de séjour est suffisamment motivée.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de son recours dirigé contre la décision fixant le pays de destination dont il a fait l'objet. Le moyen doit être écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

12. Le requérant soutient qu'il risque de subir des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine où il a été condamné à mort pour des faits de terrorisme dont il réfute la matérialité. Cependant, si le requérant produit plusieurs articles de presse qui mentionnent que les autorités irakiennes ont exécuté des individus sans respecter leur droit, ces éléments, à caractère général, ne suffisent pas à démontrer qu'il serait soumis à un risque identique. Par ailleurs, les documents produits et traduits en langue française, dont un mandat d'arrêt qui aurait été émis par les autorités irakienne à son encontre le 21 avril 2016 et un jugement du 17 avril 2016 qui le condamnerait à mort pour terrorisme ne sont pas authentifiés, et ne permettent pas d'en vérifier l'origine. Ainsi, et alors au demeurant que la CNDA a rejeté sa demande d'asile initiale ainsi que sa demande de réexamen, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ". Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour.

14. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en mars 2023 afin de demander l'asile, demande qui a été rejetée par la CNDA. Il n'a fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement. S'il ne dispose pas de liens personnels anciens et stables sur le territoire français et n'est pas dépourvu d'attache dans son pays d'origine, il est concédé par le préfet, dans l'arrêté attaqué, qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, en lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an, le préfet de la Gironde a fait une inexacte application des dispositions précitées. Par suite, M. B est fondé à demander l'annulation de cette décision.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2024 en tant qu'il lui fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions aux fins de sursis à exécution de la mesure d'éloignement :

16. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ".

17. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche telemofpra produite par le préfet de la Gironde que, par une ordonnance du 16 décembre 2024, la CNDA a rejeté en l'absence d'éléments sérieux, le recours formé par M. B le 9 octobre 2024 contre la décision de l'OFPRA rejetant sa demande de réexamen. Dans ces conditions, l'intéressé n'est plus fondé à demander son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours. Les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

18. Eu égard aux motifs qui la fonde, l'annulation de la seule décision d'interdiction de retour prononcée par le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

19. L'Etat n'étant pas, pour l'essentiel, la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 24 octobre 2024 du préfet de la Gironde en tant qu'il prononce une interdiction retourner sur le territoire français pendant un an à l'encontre de M. B est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Chauvin, présidente,

Mme Ballanger, première conseillère,

Mme Lorrain-Mabillon, conseillère,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 8 juillet 2025.

La première assesseure,

M. BALLANGER La présidente,

A. CHAUVIN

La greffière,

C. JANIN

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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