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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2407186

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407186

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407186
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de l’arrêté du 26 octobre 2023 et de l’arrêté modificatif du 13 novembre 2023 portant déclaration d’utilité publique du projet de lotissement de mixité sociale à Sourzac. Les requérants invoquaient notamment une incompatibilité avec le plan local d’urbanisme et un défaut d’enquête publique. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition d’urgence. La décision est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 novembre 2024, M. R G, Mme B O, M. L I, M. E J, M. L N, Mme A S, M. P S, M. U X, M. M K, l'association Sepanso Dordogne, l'association " Touche pas la campagne ", M. F T, M. H W, Mme C W, M. Q Z, M. Y Z, M. D V, représentés par Me Ruffié, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 octobre 2023 et l'arrêté modificatif du 13 novembre 2023 portant déclaration d'utilité publique du projet de création d'un lotissement de mixité sociale et cessible la parcelle cadastrée section BE n° 133, nécessaire à sa réalisation sur la commune de Sourzac, au lieu-dit " Couturou Nord " et ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par un courrier daté du 21 décembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les requérants personnes physiques et personnes morales justifient d'un intérêt à contester les arrêtés en litige ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le Conseil d'Etat a posé l'existence d'une présomption d'urgence lorsque la suspension d'une déclaration d'utilité publique était demandée ; en outre, la procédure judiciaire d'expropriation est lancée et son issue, dont les conséquences sont irréversibles, emportera expropriation de M. N et de son fermier M. I ;

- il existe des moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : les décisions contestées sont entachées d'un vice de procédure, d'une erreur de droit et d'une violation de la règle de droit, des articles L. 122-5 du code de l'expropriation et L. 153-54 du code de l'urbanisme, dès lors que l'opération entreprise n'est pas compatible avec le plan local d'urbanisme de la commune de Sourzac, la parcelle terrain d'assiette du projet étant classée depuis 2008 en zone à urbaniser (2 AU) ; par ailleurs, le délai de six ans fixé par l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme étant expiré depuis la révision du plan local d'urbanisme de la commune de Sourzac en 2008, la parcelle en cause ne peut plus être regardée comme étant toujours classée en zone à urbaniser ; l'administration aurait dû prévoir une enquête publique portant sur l'utilité publique de l'opération mais également sur la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme ; elle aurait également dû prévoir un examen conjoint de l'Etat, de la commune et des personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 3 et 4 décembre 2024, le préfet de la Dordogne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- la requête enregistrée le 23 avril 2024 sous le n° 2402728 par laquelle l'association Sépanso Dordogne et autres demandent l'annulation des arrêtés attaqués ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le jeudi 5 décembre 2024 à 10 heures, en présence de Mme Souris, greffière d'audience, Mme Gay a lu son rapport et entendu :

- Me Ruffié, représentant l'association Sépanso Dordogne et autres, qui confirme ses écritures.

Le préfet de la Dordogne n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 26 octobre 2023, modifié par un arrêté du 13 novembre 2023, le préfet de la Dordogne a déclaré d'utilité publique le projet de création d'un lotissement de mixité sociale et cessible la parcelle cadastrée section BE n° 133 nécessaire à sa réalisation, sur la commune de Sourzac au lieu-dit " Couturou Nord ". Par un courrier daté du 21 décembre 2023, le conseil de M. X et autres ont sollicité le retrait de ces deux arrêtés préfectoraux. Les requérants demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des arrêtés des 26 octobre 2023 et 13 novembre 2023, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués tels qu'énoncés dans les visas n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n° 2407186 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. U X, en sa qualité de représentant unique en application de l'article L. 751-3 du code de justice administrative, et au préfet de la Dordogne.

Fait à Bordeaux, le 5 décembre 2024.

La juge des référés,

N. Gay

La greffière,

E. Souris

La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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