mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2407211 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL AEDIFICO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 novembre 2024 et le 6 février 2025, le conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine, représenté par Me Lavaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2020 par lequel le maire de la commune de Vendays-Montalivet a délivré à la SCI Monta Plage un permis autorisant la démolition de garages et la construction de cinq commerces et neuf logements ainsi que la réalisation d'aménagements extérieurs sur un terrain situé 27 avenue des vagues et la décision implicite de rejet née du silence gardé par cette même autorité à sa demande de retrait pour fraude dudit permis présentée le 23 juillet 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vendays-Montalivet une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande de retrait pour fraude n'est pas soumise aux exigences de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire délivré est frauduleux ; le signataire de la demande de permis de construire et des plans n'est pas architecte, contrairement à ce qui est indiqué dans les mentions figurant sur ces documents ; de même, la société Alma Architecture n'existe pas ;
- ce vice tiré de la fraude n'est pas régularisable.
Par deux mémoires, enregistrés les 3 janvier et 13 février 2025, la SCI Monta Plage, représentée par Me Achou-Lepage, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- la requête ne satisfait pas aux exigences de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, à défaut d'avoir notifié à la pétitionnaire la demande de retrait ;
- le moyen n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2025, la commune de Vendays-Montalivet, représentée par Me Baltassat, conclut au rejet de la requête ou, à défaut, à ce qu'il soit mis en œuvre les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou de l'article L. 600-5 du même code et à la mise à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; le retrait pour fraude n'a pas été notifié à la pétitionnaire, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ; le requérant ne justifie pas d'un intérêt pour agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; les conclusions présentées contre le permis de construire sont tardives ;
- le moyen n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
2. D'une part, selon l'article R. 421-1 du code de justice administrative, le recours formé contre une décision administrative doit être présenté dans le délai de deux mois à compter de sa notification ou de sa publication. Conformément à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, le délai de recours à l'égard des tiers court à compter de l'affichage du permis sur le terrain et en mairie, dès lors que cette formalité a été accomplie de manière complète et régulière. Toutefois, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux dispositions prévues en la matière par l'article A. 424-17 du code de l'urbanisme.
3. D'autre part, les dispositions combinées des articles L. 110-1 et L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration entendent viser les recours formés par les personnes contestant une décision prise à leur égard, mais ne peuvent être regardées comme ayant entendu porter atteinte à la stabilité de la situation s'attachant, pour le bénéficiaire d'une autorisation d'urbanisme, à l'expiration du délai de recours normalement applicable à cette autorisation. Ces dispositions sont, par suite, sans incidence sur les règles applicables aux recours administratifs, gracieux ou hiérarchiques, formés par des tiers à l'encontre d'autorisations individuelles créant des droits au profit de leurs bénéficiaires. Il en résulte qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du recours administratif formé par un tiers contre un permis de construire, résultant du silence gardé par l'administration pendant le délai de deux mois prévu à l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le nouveau délai ouvert à l'auteur de ce recours pour saisir la juridiction court dès la naissance de cette décision implicite, qu'il ait été ou non accusé réception de ce recours.
4. Il ressort des pièces du dossier que le conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine a, par un courrier du 19 juillet 2024, dont il a été accusé réception le 23 juillet 2024, présenté un recours tendant au retrait pour fraude du permis de construire délivré le 17 février 2020 à la SCI Monta Plage, manifestant par là-même la connaissance qu'il avait, au plus tard à cette date, de l'autorisation contestée. L'exercice de ce recours administratif a eu pour effet de faire courir à l'égard du conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine le délai de recours contentieux à compter du 23 juillet 2024, date de sa réception par la commune, quand bien même il n'est pas justifié par les pièces du dossier d'un affichage régulier. Du silence gardé pendant une durée de deux mois par la commune de Mondays-Montalivet sur ce recours est née, le 23 septembre 2024, une décision implicite de rejet, qui a fait à nouveau courir le délai de recours de deux mois, alors même, ainsi qu'il a été dit au point 3, que l'autorité administrative n'aurait pas accusé réception de ce recours gracieux. Ce délai expirait ainsi le mardi 24 septembre 2024 à minuit. Or, la requête a été enregistrée au greffe du tribunal administratif le 25 novembre 2024. Par suite, la SCI Monta Plage est fondée à soutenir que les conclusions à fin d'annulation de la requête du conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine sont tardives et, par suite, irrecevables. Cette irrecevabilité étant manifeste et insusceptible d'être couverte en cours d'instance, il y a lieu de rejeter la requête du conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine par ordonnance en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des autres parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Monta Plage et la commune de Vendays-Montalivet au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au conseil régional de l'ordre des architectes de Nouvelle-Aquitaine, à la commune de Vendays-Montalivet et à la SCI Monta Plage.
Fait à Bordeaux, le 25 février 2025.
La présidente de la 2ème chambre,
C. CABANNE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026