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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2407275

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407275

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante marocaine demandant d'enjoindre au préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour "étudiant" et de lui délivrer un récépissé. En cours d'instance, le préfet a convoqué l'intéressée et lui a délivré un récépissé valable du 3 décembre 2024 au 2 mars 2025. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet, prononçant un non-lieu à statuer, et a rejeté les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Babou, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 jours par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en l'absence de validation de son visa de long séjour, elle a rencontré de nombreuses difficultés à créer un espace ANEF ; au regard de l'impossibilité de déposer sa demande de manière dématérialisée, elle a adressé sa demande de titre de séjour, dont le dossier était complet, par courrier postal le 30 octobre 2024 ;

-elle remplit les conditions nécessaires au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " ; en ignorant les différents courriers qui lui ont été adressés, le préfet porte une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits et libertés fondamentales garantis par l'article 26 de la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen et de l'article 14 de la convention des droits de l'homme et du citoyen ;

- les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies dès lors qu'elle se trouve dans l'impossibilité de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant et qu'en l'absence de récépissé, elle ne pourra réaliser son stage final ;

- la convocation en préfecture afin d'enregistrer une demande de renouvellement d'un titre de séjour ne préjuge en rien des suites qui seront données par la préfecture de la Gironde concernant sa demande de titre de séjour ; la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire enregistré le 4 décembre 2024, le préfet de la Gironde conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et au rejet des conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du même code.

Il fait valoir que Mme B a été convoquée le 3 décembre 2024 afin de se présenter à la préfecture de la Gironde pour retirer son récépissé valable du 3 décembre 2024 au 2 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Gay, vice-présidente, pour exercer les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, née le 22 octobre 2004, de nationalité marocaine, déclare être entrée en France au cours de l'année 2022, munie de son passeport et d'un visa de type D portant la mention " étudiant mineur ". Après avoir obtenu son baccalauréat technologie en sciences et technologie du management et de la gestion, le 18 octobre 2022, elle s'est inscrite à l'école EDHEC Business School pour l'année universitaire 2022/2023 et a poursuivi sa formation au sein de l'école INSEEC pour l'année 2023/2024. Réinscrite dans cette même école au titre de l'année 2024/2025, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " par voie postale le 30 octobre 2024, en raison d'une impossibilité de réaliser cette demande de manière dématérialisée. Mme B, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de la Gironde d'enregistrer sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant " et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Il résulte de l'instruction que, le 3 décembre 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, Mme B a été convoquée à la préfecture afin que lui soit délivré un récépissé de renouvellement de titre de séjour valable du 3 décembre 2024 au 2 mars 2025. Le mémoire en défense du préfet de la Gironde a été communiqué à Mme B le 4 décembre 2024. Dans ces conditions, les conclusions de la requête à fin d'injonction et d'astreinte sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme B au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 9 décembre 2024.

La juge des référés,

N. Gay

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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