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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2407317

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2407317

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2407317
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement 72 heures

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. B, qui contestait un arrêté du préfet de la Dordogne du 23 novembre 2024. Le requérant demandait l'annulation d'une décision d'assignation à résidence, mais le tribunal a constaté que l'arrêté attaqué ne contenait pas une telle mesure, mais uniquement une obligation de quitter le territoire français, une fixation du pays de destination et une interdiction de retour. En conséquence, les conclusions dirigées contre une assignation à résidence inexistante ont été jugées irrecevables. La requête a été rejetée dans son intégralité, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Babou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2024 par lequel le préfet de la Dordogne l'a assigné à résidence ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Dordogne de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché de défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que son droit à être entendu n'a pas été respecté ;

- il porte une atteinte disproportionnée à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à son droit à la sûreté alors qu'il n'existe aucun risque de fuite ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2024, le préfet de la Dordogne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'il n'a pas édicté une assignation à résidence.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A qui soulève le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigée une assignation à résidence, dès lors que cette décision n'existe pas.

- et les observations de Me Lanne substituant Me Babou, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant égyptien né le 12 avril 1988, serait entré en France en 2009. Par un arrêté du 23 novembre 2024, le préfet de la Dordogne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. M. B demande l'annulation de l'assignation à résidence qui aurait été prise par ce même arrêté.

2. M. B demande l'annulation de la décision l'assignant à résidence contenue dans l'arrêté du préfet de la Dordogne en date du 23 novembre 2024. Toutefois et ainsi que l'indique notamment le préfet en défense, l'arrêté attaqué ne contient pas d'assignation à résidence de l'intéressé, mais une obligation de quitter le territoire français sans délai, une décision fixant le pays de destination et une interdiction de retour sur le territoire français. Ainsi, les conclusions dirigées contre la décision portant assignation à résidence sont irrecevables en raison de l'inexistence d'une telle décision.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Dordogne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

D. A

La greffière,

E. Souris La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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