lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2407721 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 27 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Debril, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 15 novembre 2024 par laquelle le préfet de Lot-et-Garonne a retiré le titre de séjour qu'il lui avait accordé ;
2°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui restituer son titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige met en péril la poursuite de son activité professionnelle et le place ainsi dans une situation de précarité financière ;
- le signataire de la décision en litige ne disposait pas de délégation notifiée par écrit et il devra être justifié que les personnes le précédant dans la chaîne de délégation étaient absentes ou empêchées ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée et témoigne d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- le préfet n'a pas pris en compte les observations qu'il a formulées le 14 octobre 2024, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour en application de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de prendre la décision en litige ;
- il a été contraint de rester sur le territoire français dès lors qu'il a été victime de traite d'êtres humains ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire, enregistré le 26 décembre 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête n° 2407720, enregistrée le 16 décembre 2024, par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 15 novembre 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Roussel Cera, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera, juge des référés ;
- les observations de Me Debril, représentant M. B, présent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité marocaine, est entré en France pour la première fois en août 2022, muni d'un visa de long séjour en qualité de travailleur saisonnier et a obtenu une carte de séjour en cette même qualité, valable jusqu'au 13 août 2025. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 15 novembre 2024 par laquelle le préfet de Lot-et-Garonne a retiré le titre de séjour qu'il lui avait accordé.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués tels qu'énoncés dans les visas n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, la requête doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de Lot-et-Garonne.
Fait à Bordeaux, le 30 décembre 2024.
Le juge des référés,
R. ROUSSEL CERA La greffière,
C. GIOFFRE La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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