vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2407724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Chadourne, demande au tribunal :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 22 octobre 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer sa situation, dans le délai de 8 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige l'empêche de travailler et donc de subvenir à ses besoins et charges, en particulier son loyer ;
- le signataire de la décision en litige ne justifie pas d'une délégation régulière ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas été mis à même de présenter ses observations préalables, en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il devra être justifié de la qualité et de l'habilitation de la personne ayant procédé à la consultation du fichier d'antécédents judiciaires ;
- le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité n'a pas saisi préalablement les services de police ou le procureur de la république, en méconnaissance de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- la décision en litige méconnaît l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire, enregistré le 23 décembre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête n° 2407723, enregistré le 16 décembre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 22 octobre 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Roussel Cera, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roussel Cera, juge des référés ;
- les observations de Me Chadourne, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est agent privé de sécurité et bénéficie pour ce faire d'une carte professionnelle dont la dernière expirait le 10 octobre 2024. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 22 octobre 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler sa carte professionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués tels qu'énoncés dans les visas n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, la requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Bordeaux, le 27 décembre 2024.
Le juge des référés,
R. ROUSSEL CERA La greffière,
C. GIOFFRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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