lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2407989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | TOVIA-VILA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 décembre 2024 et le 2 janvier 2025, M. E B, représenté par Me Tovia Vila, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2024, par lequel le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, avec obligation de pointer à la gendarmerie de Saint-André-de-Cubzac les lundis entre 9 heures et midi et d'être présent à son domicile chaque jour entre 16 heures et 19 heures ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie, faute de signature manuscrite ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé en droit et en fait et il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation eu égard à la disproportion des modalités d'assignation à résidence ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 décembre 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Trebesses, substituant Me Tovia-Vila, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en insistant sur le moyen tiré du défaut de motivation et d'examen réel et sérieux de la situation de M. B,
- et les observations de M. B, assisté de Mme A, interprète en langue turque, qui répond aux questions du tribunal sur les informations qu'il aurait portées à la connaissance de l'administration entre les deux arrêtés d'assignation à résidence et l'organisation de la cellule familiale pour aller chercher la jeune C à la sortie de l'école au cas il serait embauché ; il porte spontanément à la connaissance du tribunal le fait qu'il se mariera en février prochain.
Le préfet de la Gironde n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant turc né 2 novembre 1989 à Alaca (Turquie), déclare être entré en France en 2020. Le préfet de la Gironde a pris à son encontre un arrêté en date du 6 octobre 2023 portant obligation de quitter le territoire français. Par arrêté du 15 novembre 2024, le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours avec obligation de pointer à la gendarmerie de Saint-André-de-Cubzac les lundis entre 9 heures et midi et d'être présent à son domicile chaque jour entre 16 heures et 19 heures. La requête introduite par M. B tendant à l'annulation de cet arrêté a été rejetée par un jugement n° 2407121 du 2 décembre 2024 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Bordeaux. Par un arrêté du 23 décembre 2024, notifié le jour même, le préfet de la Gironde l'a assigné dans le département de la Gironde pour une durée supplémentaire de 45 jours avec les mêmes obligations de pointage et de présence à son domicile. Il demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, il y a de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
5. L'arrêté du 23 décembre 2024 vise les textes dont il fait application, en particulier les articles L. 731-1 et L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'arrêté du préfet de la Gironde portant obligation de quitter le territoire français en date du 6 octobre 2023 et sa date de notification. Le préfet de la Gironde a indiqué que M. B disposait d'un domicile et d'un passeport en cours de validité permettant de considérer que son éloignement, une fois un titre de transport obtenu, demeurait une perspective raisonnable. Toutefois, l'arrêté est exempt de toute mention relative à la fille de la compagne de M. B, alors que ce dernier a mentionné les liens qu'il entretient avec celle-ci lors de son audition du 15 novembre 2024, en particulier le fait que la mère l'a désigné pour venir chercher l'enfant à la sortie de l'école et qu'il s'en occupe quotidiennement et " comme le [ferait] un vrai père ". Il s'ensuit que l'arrêté du 23 décembre 2024 est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de M. B.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2024.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Tovia Vila, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Tovia Vila de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée entre les mains de ce dernier sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 23 décembre 2024 portant assignation à résidence est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Tovia Vila renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Tovia Vila, avocate de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée entre ses mains sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, au préfet de la Gironde et à Me Tovia Vila.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
H. D
La greffière,
C. Gioffré
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026