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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2500312

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2500312

jeudi 5 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2500312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation3ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par M. A, ressortissant ivoirien, d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de Lot-et-Garonne du 17 décembre 2024 lui refusant un titre de séjour, l’obligeant à quitter le territoire français et prononçant une interdiction de retour d’un an. Le requérant invoquait notamment la méconnaissance de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, ainsi que des vices de procédure et de motivation. Le tribunal a rejeté l’ensemble des moyens soulevés, estimant que la décision était suffisamment motivée, que le droit d’être entendu n’avait pas été méconnu et que le préfet n’avait pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de l’intéressé. En conséquence, la requête a été rejetée, confirmant la légalité de l’arrêté préfectoral pris sur le fondement du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, et des pièces complémentaires, enregistrées le 25 février 2025, M. C A, représenté par Me Chamberland-Poulin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2024 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Gironde, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ainsi que de procéder sans délai à l'effacement de son inscription au fichier Système d'information Schengen aux fins de non-admission, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à défaut, de procéder dans le même délai au réexamen de sa situation, l'ensemble sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros HT, soit 1 800 euros TTC, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris en son ensemble :

- il a été pris par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il méconnait le droit à être entendu, tel qu'il est prévu par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il s'est cru en situation de compétence liée pour refuser le renouvellement de cette attestation.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en tant qu'elle emporte des conséquences excessives sur le droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale, en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en tant qu'elle emporte des conséquences excessives sur le droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale, en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet avait la faculté et non l'obligation de prononcer une telle interdiction ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ferrari, président,

- les observations de Me Chamberland-Poulin, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1990, déclare être entré en France de manière irrégulière le 1er janvier 2016. Par une décision du 27 juin 2024, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a refusé de lui accorder le bénéfice de l'asile, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 4 décembre 2024. Puis, par un arrêté du 17 décembre 2024, le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination de son éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 11 mars 2025, le bureau de l'aide juridictionnelle a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris en son ensemble :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 47-2024-09-26-00003 du 26 septembre 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 47-2024-143, le préfet de Lot-et-Garonne a consenti à M. Cédric Bouet, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, une délégation à l'effet de signer toutes décisions prises en application des livres I et V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté en litige mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés dont il est fait application. Le préfet, qui n'avait pas à être exhaustif, mentionne les éléments qu'il a pris en compte relatifs à la situation personnelle et au parcours sur le territoire français de M. A. Par ailleurs, si le préfet n'a pas mentionné les prétendues années de travail de l'intéressé sous l'identité d'un ami et qu'il serait arrivé en France en 2016, ces circonstances à les supposer avérées, sont insuffisantes pour démontrer une insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté serait entaché d'un défaut de motivation et révèlerait un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ne peuvent qu'être écartés.

5. En troisième lieu, M. A n'établit pas avoir été empêché de porter à la connaissance de l'administration des informations pertinentes le concernant avant que ne soit pris l'arrêté en litige, qui répond à sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait été pris en méconnaissance du principe général du droit d'être entendu tel que garanti par le droit de l'Union européenne doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

6. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. En l'espèce, M. A soutient résider en France depuis son entrée sur le territoire national en 2016. Cependant, les pièces qu'il apporte, composées notamment d'attestations d'hébergement, de pièces médicales et de bulletins de paies et contrats de travail, dont certains ne sont pas à son nom, sont insuffisants pour démontrer une présence continue sur le territoire français depuis cette date. Par ailleurs, l'intéressé ne démontre pas avoir transféré le centre de ses attaches privées et familiales sur le territoire français par la seule présence de sa conjointe et de leurs quatre enfants, qui ont, pour trois d'entre eux, vu leurs demandes d'asiles rejetées, tout comme sa conjointe, qui fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français du même jour. En outre, la circonstance que sa conjointe soit enceinte d'un enfant à naitre n'est pas davantage de nature à lui ouvrir un quelconque droit au séjour. Enfin, si l'intéressé démontre avoir exercer un emploi au mois de septembre 2024 par la production d'un bulletin de salaire, cela est insuffisant pour démontrer une insertion socio-professionnelle significative sur le territoire français. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Lot-et-Garonne a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

9. En l'espèce, M. A ne fait état d'aucune circonstance humanitaire et ne justifie d'aucun motif exceptionnel de nature à lui ouvrir un droit au séjour sur le fondement des dispositions légales précitées, le seul fait qu'il ait travaillé sous l'identité d'un ami, à la supposer avérée, ne constitue pas un motif exceptionnel. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile :

10. Aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé ".

11. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de l'intéressé a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 27 juin 2024 notifiée le 22 août suivant et son recours formé contre cette décision a été rejeté le 4 décembre 2024, par une décision de la CNDA notifiée le 10 décembre 2024. En conséquence, le préfet, dont il ne ressort pas des termes de la décision attaquée qu'il se serait estimé en situation de compétence liée, pouvait légalement décider de ne pas renouveler l'attestation de demandeur d'asile de M. A en application des dispositions précitées de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposées au point 7, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.

14. En troisième lieu, la décision attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer M. A de ses enfants mineurs qui sont également de nationalité ivoirienne. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter de quitter le territoire français pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

16. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposées au point 7, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

18. M. A soutient avoir quitté la Côte d'Ivoire en raison du fait qu'il y est recherché par un groupe de personnes qui le considèrent comme responsable du décès de leur chef. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit aux points 1 et 11, il ressort des pièces du dossier que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'OFPRA du 27 juin 2024, confirmée par un arrêt de la CNDA du 4 décembre 2024. En outre, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer la véracité de ses allégations. Dans ces conditions, le préfet de Lot-et-Garonne n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant comme pays de destination le pays dont le requérant possède la nationalité.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

19. Aux termes de l'article L 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le préfet de Lot-et-Garonne après avoir pris en compte les quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a décidé d'édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'un an à l'encontre de M. A. En l'espèce, bien qu'il n'ait jamais fait l'objet d'une autre mesure d'éloignement, il ne démontre toutefois pas être sur le territoire français depuis 2016 et ses attaches privées et familiales sur le territoire français font également l'objet de refus de séjour, d'obligations de quitter le territoire français et de refus de leurs demandes d'asile. Par suite, le préfet de Lot-et-Garonne n'a pas méconnu les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 en édictant une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une quelconque erreur manifeste d'appréciation.

21. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposées au point 7, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en décidant de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2024.

Sur les autres conclusions de la requête :

23. Dès lors que le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Lot-et-Garonne.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2025 où siégeaient :

- M. Dominique Ferrari, président,

- Mme Eve Wohlschlegel, première conseillère,

- Mme Khéra Benzaïd, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.

Le président-rapporteur

D. Ferrari

L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau,

E. Wohlschlegel

Le greffier,

Y. Jameau

La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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