vendredi 7 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2501222 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2025, M. E A, représenté par Me Kecha, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aie juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 février 2025 par lequel le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence dans ce département durant 45 jours et a fixé une plage horaire de présence au domicile de 3 heures, comprise entre 16h et 19h ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 19 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 18 février 2025 ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales quant à sa vie familiale et à son état de santé ;
- il n'existe pas de perspectives raisonnables à son éloignement.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2025, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Benzaïd conformément aux dispositions de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benzaïd, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
- les observations de Me Martin qui substitue Me A et qui confirme ses écritures et les observations de Mme F, mère de la compagne du requérant ; cette dernière relate l'importance que le requérant a pris dans sa belle-famille, l'aide qu'il apporte au quotidien et sa volonté de s'intégrer et de trouver un emploi pour subvenir aux besoins de son enfant à naître et de sa compagne ; elle précise également qu'elle gère pour le compte du requérant les formalités administratives mais qu'elle ignorait la législation sur le droit des étrangers, l'existence des différents titres de séjour et les implications de la méconnaissance de l'obligation de se présenter à la gendarmerie ; en outre ses ennuis de santé ne lui ont pas permis d'assister M. A et d'accomplir des démarches en vue d'obtenir un titre de séjour ; elle s'engage à l'avenir à être très attentive à ce que le requérant accomplisse ses démarches et respecte ses obligations légales d'autant que sa présence est devenue indispensable pour eux.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à laquelle le préfet de la Gironde n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant sénégalais né le 17 janvier 1999, est entré en France irrégulièrement en provenance d'Italie où il déclare qu'il était entré régulièrement. Le 22 septembre 2020, il a été destinataire d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécuté. Par un arrêté du 18 février 2025, le préfet de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de revenir sur le territoire durant 3 ans. Par un arrêté du même jour le préfet de la Gironde l'a assigné à résidence dans ce département durant 45 jours et a fixé une plage horaire de présence au domicile de 3 heures, comprise entre 16h et 19h. M. A demande au tribunal l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, M. D B, chef de la section éloignement, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Gironde en date du 30 septembre 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Gironde le même jour, à l'effet de signer notamment les obligations de quitter le territoire français et les décisions accessoires, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C G, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'ordre public. Il n'est pas contesté que Mme G était effectivement absente ou empêchée à la date de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué qui mentionne les considérations de droit et de faits sur lesquelles il est fondé et notamment qu'il réside chez Mme F à Castillon-la-Bataille (33350) est suffisamment motivé. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, dès lors que par un jugement rendu le même jour dans l'affaire n°2501221 le tribunal a confirmé la légalité de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français sans délai, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision st soulevé à l'encontre de la décision l'assignant à résidence doit être rejeté. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué assigne M. A à résidence dans le département où il déclare être hébergé chez Mme F à titre pérenne et où il déclare vivre avec sa compagne enceinte. Il ne fait état d'aucune circonstance de nature à caractériser l'atteinte à sa vie privée et familiale par la décision attaquée, la seule nécessité de prendre un traitement médical dont il allègue qu'il ne serait pas disponible au cas de retour au Sénégal est sans incidence sur son assignation à résidence en Gironde. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Contrairement à ce que soutient le requérant, une demande laissez-passer consulaire a été adressée par le préfet de la Gironde au Sénégal le 20 février 2025 et il ressort des pièces du dossier qu'en 2021 la France avait obtenu un tel laissez-passer pour le requérant. Par suite, contrairement à ce que soutient M. A, son éloignement demeurait une perspective raisonnable à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2025.
La magistrate désignée,
K. BENZAID
La greffière,
C. GIOFFRE La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°250122
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604204
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la requête de M. D..., ressortissant nigérian, contestant les arrêtés préfectoraux du 18 mai 2026 lui faisant obligation de quitter sans délai le territoire français, avec interdiction de retour de trois ans et assignation à résidence. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'incompétence de la signataire, du défaut de motivation, de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant la légalité des décisions fondées sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604222
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. B... contestant son assignation à résidence de 45 jours prise par la préfète de la Dordogne en vue de son éloignement. Le juge a estimé que la décision était suffisamment motivée et que l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'était pas fondée. Il a également jugé que l'absence de risque de fuite était sans incidence sur la légalité de l'assignation, dès lors que les conditions légales de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étaient remplies.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2602418
Le Tribunal Administratif de Bordeaux rejette la requête de Mme A... visant à annuler un arrêté de transfert vers la Slovénie au titre du règlement Dublin. Le tribunal écarte les moyens soulevés, estimant que le signataire était compétent, que l'information a été délivrée dans une langue comprise (le français) et que l'entretien a été mené par un agent qualifié. La décision s'appuie sur le règlement (UE) n° 604/2013 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2602426
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant le transfert du requérant vers la Croatie pour l'examen de sa demande d'asile. Le juge a retenu que l'entretien préalable, prévu par l'article 5 du règlement Dublin III (UE n° 604/2013), n'avait pas été conduit par une personne dont la qualification était établie, ce qui constitue un vice de procédure. Le préfet est enjoint de réexaminer la situation du requérant dans un délai de deux mois.
03/04/2026