LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2501494

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2501494

vendredi 27 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2501494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDEBRIL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête de M. A D C, ressortissant portugais, qui contestait l'arrêté du préfet de la Gironde du 25 février 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de circuler pendant trois ans. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation, l'erreur de fait, la méconnaissance des articles L. 251-1 et L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), ainsi que la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur le CESEDA, le code de procédure pénale et le code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mars 2025, M. A D C, représenté par Me Debril, avocat, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 février 2025 par lequel le préfet de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en fait ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet n'a pas respecté la procédure prévue à l'article 40-29 du code de procédure pénale avant de consulter le fichier de traitement des antécédant judiciaires ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle indique qu'il a interdiction d'entrer en contact avec ses parents ;

- cette décision méconnait les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace réelle actuelle et suffisamment grave pour l'ordre public ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire méconnait les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;

- l'interdiction de circuler en France a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en application des dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- cette décision est fondée sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet de la Gironde a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2025, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. D C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chauvin ;

- les observations de Me Debril, représentant M. D C.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 25 février 2025, le préfet de la Gironde a obligé M. A D C, ressortissant portugais né le 8 avril 1964 et incarcéré au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, à quitter le territoire français sans délai. Il a, par ce même arrêté, fixé le pays de destination et a interdit à M. D C de circuler sur le territoire français pendant trois ans. M. D C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".

3. M. D C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2025. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, par un arrêté du 30 septembre 2024 publié le lendemain au recueil des actes administratifs spécial n°33-2024-147, le préfet de la Gironde a donné délégation à Mme B E, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'ordre public et signataire de l'arrêté litigieux, pour signer, dans la limite de ses attributions, toutes décisions, documents et correspondances prises en applications des livres II, IV, V, VI, VII et VIII (partie législative et réglementaire) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte daté du 25 février 2025 ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : ()2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société / () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué vise les considérations de droit sur lesquelles il est fondé, notamment les articles L. 251-1 2° et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation du requérant, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour obliger le requérant à quitter le territoire français, le préfet de la Gironde s'est fondé sur la circonstance qu'il est incarcéré au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan depuis le 30 octobre 2024 à la suite de sa condamnation à une peine de deux ans d'emprisonnement dont un an avec sursis probatoire de deux ans pour des faits de violences suivi d'incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours en récidive et qu'il avait déjà fait l'objet d'une condamnation à une peine de six mois d'emprisonnement pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité de même durée le 6 avril 2021 par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Le préfet a considéré que son comportement personnel constituait ainsi du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Il a par ailleurs, pris en considération les conditions de son entrée sur le territoire, de son hébergement, son état de santé et le fait qu'il soit célibataire et sans charge de famille en France malgré la présence de ses trois enfants majeurs et de ses parents et qu'il n'établit pas être démuni d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, les moyens tirés du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et du défaut d'examen doivent donc être écartés.

7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en indiquant dans l'arrêté attaqué que M. D C avait précisé avoir interdiction pendant deux ans de résider chez ses parents, chez qui il vivait avant son incarcération, le préfet qui s'est borné à reprendre les déclarations faites par le requérant, aurait commis erreur de fait.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 230-6 du code de procédure pénale : " Afin de faciliter la constatation des infractions à la loi pénale, le rassemblement des preuves de ces infractions et la recherche de leurs auteurs, les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale peuvent mettre en œuvre des traitements automatisés de données à caractère personnel () ". Aux termes du I de l'article R. 40-29 du même code : " Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, (), les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : / () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code. () ".

9. Il résulte des termes de la décision attaquée que pour décider l'éloignement du territoire de M. D C, le préfet de la Gironde s'est fondé sur la menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société que représente son comportement en raison des faits à l'origine des condamnations pénales dont il a fait l'objet. Il est constant que le requérant a été condamné le 30 octobre 2024 à une peine de deux ans d'emprisonnement dont un an avec sursis probatoire de deux ans pour des faits de violences ayant entrainé une ITT supérieure à huit jours, en récidive, et, le 6 avril 2021, à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de violence avec usage d'une arme ayant entrainé une ITT supérieure à huit jours. Si le préfet a également mentionné le signalement de M. D C au fichier du traitement des antécédents judiciaires pour des faits de port prohibé d'arme, de violences volontaires sur dépositaire de l'autorité publique avec ITT de moins de huit jours, de violence suivie d'ITT supérieure à huit jours, de port ou transport illégal d'arme de catégorie 6 et de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'ITT supérieure à huit jours, il résulte des termes de la décision attaquée qu'il aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur l'extrait de casier judiciaire n° 2 de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ne peut qu'être écarté.

10. En cinquième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 5, qu'il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.

11. Si M. D C soutient être arrivé en France au cours des années 70, y avoir fait sa scolarité, puis être reparti au Portugal en 1994 avant de revenir en 1997, avec son épouse et se prévaut de la naissance de ses enfants et petits-enfants en France, ainsi que la présence de ses parents, il n'est pas contesté qu'il a été condamné, le 30 octobre 2024 par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une peine de deux ans d'emprisonnement dont un an avec sursis probatoire pour des faits de violence ayant entrainé une ITT supérieure à huit jours, en récidive. Ces faits sur lesquels le requérant n'apporte aucune précision, sont récents et ne sont pas isolés, dès lors qu'il avait été précédemment condamné le 6 avril 2021 par le même tribunal à une peine d'emprisonnement assortis d'un sursis probatoire pour des faits similaires. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. D C a divorcé en 2005 et, s'il produit les documents d'identité de ses trois enfants tous majeurs, et de ses petits-enfants, nés en France, il ne justifie pas, par les pièces qu'il fournit aux débats, des liens qu'il entretient avec ces derniers. En particulier, il ne produit aucune preuve de ce qu'il sera, à sa sortie de prison, hébergé par l'un de ses enfants. En outre, si le requérant dispose d'une carte professionnelle d'agent du BTP, pour lequel il a un titre professionnel de plaquiste obtenu sur le territoire français en 2016, il ne démontre pas son intégration professionnelle en France en se bornant à produire un curriculum vitae, l'extrait d'immatriculation de l'entreprise qu'il déclare avoir créée en 2019, ainsi que des contrats de mission temporaires en mai et juin 2024. Il ne justifie pas disposer, avant son incarcération, de revenus ni d'un hébergement stables sur le territoire français. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la gravité des faits commis par le requérant et de leur caractère répété, eu égard à sa situation, en estimant que son comportement personnel constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société, le préfet de la Gironde n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Ainsi qu'il a été dit au point 11, le requérant ne justifie pas des liens qu'il entretient sur le territoire français avec ses enfants, majeurs, et ses petits-enfants, ainsi que ses parents, alors qu'il ne conteste pas ne pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et n'allègue pas que sa famille serait dans l'impossibilité de lui rendre visite au Portugal, pays dont ils ont, au demeurant, tous la nationalité. La réalité et l'intensité de sa vie privée et familiale sur le territoire français n'étant pas établies par les pièces qu'il produit, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en obligeant M. D C à quitter le territoire français, le préfet ait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

15. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".

16. Eu égard à la gravité des faits reprochés et à la circonstance qu'ils ont été commis en situation de récidive légale, la menace réelle, actuelle et suffisamment grave que M. D C représente, du point de vue de l'ordre public, à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société est de nature à caractériser l'urgence à l'éloigner du territoire français. En outre, le requérant n'invoque aucune circonstance personnelle ou familiale qui ferait obstacle à l'exécution sans délai de la mesure d'éloignement en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

17. Les moyens soulevés à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, M. D C n'est pas fondé à exciper l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne l'interdiction de circulation :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé, que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, doit être écarté pour les mêmes motifs que précédemment, ainsi que celui tiré de l'exception d'illégalité de la mesure d'éloignement.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".

20. Pour fixer la durée de l'interdiction de circulation sur le territoire français, l'autorité administrative tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à la situation de l'intéressé, notamment la durée de son séjour en France, son âge, son état de santé, sa situation familiale et économique, son intégration sociale et culturelle en France, ainsi que de l'intensité de ses liens avec son pays d'origine.

21. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée vise et énonce les dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application ainsi que les considérations que ce dernier a retenues pour fonder la mesure d'interdiction de circulation sur le territoire français, tenant à une durée de présence en France indéterminée, à l'existence de deux condamnations pénales et de plusieurs signalements antérieurs et à l'absence d'élément justifiant de l'intégration sociale et culturelle en France. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a également a pris en compte l'état de santé de M. D C. Cette motivation en droit et en fait est suffisante. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent donc être écartés.

22. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit, la présence de M. D C sur le territoire français représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave, du point de vue de l'ordre public, à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société et il ne démontre pas la réalité et l'intensité des liens personnels et familiaux dont il dispose en France. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français à son encontre et en fixant sa durée à trois ans, le préfet ait inexactement apprécié la situation du requérant et porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences que la décision emporte sur sa situation personnelle.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 février 2025.

Sur les frais liés au litige :

24. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. D C doivent dès lors être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D C et au préfet de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Chauvin, présidente,

Mme Ballanger, première conseillère,

Mme Lorrain-Mabillon, conseillère,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 27 juin 2025.

La première assesseure,

M. BALLANGER La présidente,

A. CHAUVIN

La greffière,

C. JANIN

La République mande et ordonne au préfet de la Gironde ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions