Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B..., qui demandait au juge d'enjoindre au préfet de la Gironde de traiter sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé. Le tribunal a rappelé que, hors les cas prévus par le code de justice administrative, il n'appartient pas au juge administratif d'adresser des injonctions à l'administration. La requête ne comportait aucune conclusion tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision administrative, et ne relevait pas non plus de la procédure de référé. Cette irrecevabilité, non régularisable, a conduit au rejet de la requête sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2025, M. A... B..., demande au tribunal d’enjoindre au préfet de la Gironde de traiter sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de citoyen européen dans un délai raisonnable et de lui délivrer un récépissé en attendant une décision définitive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (...). / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (...) ». Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation ou de réformation d’une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l’administration est engagée. En dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la requête, il n’appartient au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration.
3. La requête de M. B... ne comporte pas de conclusions à fin d’annulation ou de réformation d’une décision administrative mais seulement une demande, à titre principal, au juge d’enjoindre au préfet de la Gironde de traiter sa demande de titre de séjour, le requérant ne se plaçant pas par ailleurs dans le cadre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que cette requête, qui ne peut être régularisée, est manifestement irrecevable. Elle doit par suite être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B....
Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 14 octobre 2025.
La présidente de la 6ème chambre,
C. BROUARD-LUCAS
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,