Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme A... dirigée contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à son époux décédé. La solution retenue est que la requête, enregistrée après le décès de l'intéressé, était dépourvue d'objet car l'annulation de l'arrêté ne pourrait plus produire aucun effet utile. Le tribunal a fondé sa décision sur l'article R. 222-1, 4° du code de justice administrative, qui permet de rejeter les requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régulariser.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2025, Mme B... A..., représentée par Me Lassort, demande au tribunal :
1°) d’annuler, pour excès de pouvoir, l’arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de délivrer à son époux décédé, Foudil A..., un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat, une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) ; 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
2. La requête de Mme B... A... tend à l’annulation d’un arrêté du 12 septembre 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de délivrer à son époux, décédé le 19 décembre 2024 un titre de séjour, a fait obligation à ce dernier de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. Eu égard à l’effet utile de l’annulation pour excès de pouvoir qui ne pourrait en l’espèce plus donner lieu à aucune mesure d’exécution, cette requête était, dès la date à laquelle elle a été enregistrée, le 10 juillet 2025, dépourvue d’objet. Elle est, par suite, irrecevable et doit être rejetée en application du 4° précité de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 26 septembre 2025.
La présidente de la 5ème chambre,
A. Chauvin
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,