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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2505185

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2505185

vendredi 16 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2505185
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B..., ressortissant gabonais, contestant le refus de séjour du préfet de la Gironde du 11 août 2023. Le juge a constaté que le recours, introduit le 3 septembre 2025, était tardif car exercé au-delà du délai raisonnable d'un an suivant la notification de la décision, intervenue le 21 août 2023. Cette irrecevabilité a été prononcée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, sans examen des moyens soulevés (défaut de motivation, atteinte à la vie privée et familiale).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 août 2025 et un mémoire enregistré le 3 janvier 2026, M. A... B... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler la décision prise par le préfet de la Gironde le 11 août 2023 portant refus de séjour.

Il soutient que :
- la décision contestée ne comporte pas de motivation suffisante ;
- sa demande de titre de séjour a été régulièrement déposée sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le refus porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- une procédure relative à l’obtention d’un certificat de nationalité est en cours qui fait obstacle à une application automatique du droit commun des étrangers.


Par courrier du 15 décembre 2025, des pièces ont été communiquées par le préfet de la Gironde.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant gabonais, né le 1er janvier 1991, qui est entré en France le 30 septembre 2016, a bénéficié d’un titre de séjour dont la validité expirait le 28 octobre 2019. Il a présenté une demande de titre de séjour le 5 avril 2023 qui a été rejeté par décision du préfet de la Gironde du 11 août 2023. M. B... doit être regardé comme demandant l’annulation de cette décision.


2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

3. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ». Aux termes de l’article R. 421-5 du même code : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ». Il résulte de ces dispositions que pour rendre opposable le délai de recours contentieux, l’administration est tenue de faire figurer dans la notification de ses décisions la mention des voies et délais de recours contentieux.

4. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l’effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d’une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l’obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d’un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l’exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu’il en a eu connaissance.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B... a reçu notification de la décision en litige le 21 août 2023. Dès lors, en saisissant le tribunal le 3 septembre 2025, soit plus d’un an après la notification de la décision contestée, M. B... a introduit son recours au-delà du délai raisonnable durant lequel il pouvait être exercé. Dans ces conditions, la requête de M. B... est manifestement irrecevable du fait de sa tardiveté et doit être rejetée par application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.










Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet de la Gironde.


Fait à Bordeaux, le 16 janvier 2026.


Le président de la 3ème chambre,




D. FERRARI


La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




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