jeudi 4 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2505278 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | REY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés les 6 et 7 août 2025, le préfet de la Gironde demande au juge des référés d'ordonner la suspension de la délibération du 28 janvier 2025 par laquelle le conseil d'administration de la régie municipale de Bazas Energies a approuvé les statuts de la société Ewa Sud Gironde, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Il soutient que :
- un principe d'interdiction de participation au capital de sociétés commerciales est applicable aux régies, sous réserve d'une dérogation expressément prévue par la loi ;
- si les entreprises locales de distribution peuvent participer au capital de sociétés commerciales, l'objet social de ces sociétés est limité à la production ou à la fourniture d'électricité ou de gaz et aux prestations complémentaires, en vertu des articles L. 334-2 et L. 121-5 du code de l'énergie ; or, l'objet social de la SAS Ewa Sud Gironde, qui consiste en la promotion, le démarchage de clients sur et hors de leur territoire ainsi qu'à la présentation aux clients éligibles hors territoire des offres de la SAS Alterna, ne relève pas des activités de fourniture d'électricité pour les clients des régies actionnaires ; par ailleurs, en méconnaissance de l'article L. 334-2 du code de l'énergie, l'objet social de la SAS Ewa Sud Gironde, laquelle ne semble constituer qu'un intermédiaire, ne prévoit pas le transfert à la société créée des contrats de fourniture passés avec les clients situés hors zones de desserte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2025, la régie municipale Bazas Energies et la SAS Ewa Sud Gironde, représentées par Me Rey, concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- sur le fondement de l'article L. 334-2 du code de l'énergie, la régie municipale de Bazas Energies est fondée à prendre une participation au capital de la SAS Ewa Sud Gironde ;
- les dispositions de l'article L. 334-2 du code de l'énergie n'imposent pas que la société commerciale constituée assume l'ensemble des activités de fourniture et de production d'électricité et de gaz ; par ailleurs, les activités de promotion, de prospection et de démarchage des clients hors zone telles que visées à l'article 3 des statuts de la société Ewa Sud Gironde constituent des prestations complémentaires nécessaires et indissociables au développement de l'activité de fourniture et à sa réussite ;
- l'article L. 334-2 du code de l'énergie n'interdit pas qu'une société créée par des entreprises locales de distribution exerce un rôle d'intermédiation commerciale dès lors qu'elle exerce une activité directement liée à l'activité principale de fourniture d'électricité ; par ailleurs, s'agissant des transferts de contrat, les missions définies par les statuts ne sont pas limitatives ; les sociétés Alterna et Ewa Sud Gironde exercent chacune une partie des activités pour le compte des trois régies associées.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 août 2025 sous le numéro 2505275 par laquelle le préfet de la Gironde demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'énergie ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Doumefio, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport et entendu :
- les observations de Mme A, représentant le préfet de la Gironde qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Rey pour, d'une part, la régie municipale Bazas Energies et la SAS Ewa Sud Gironde et, d'autre part, la régie d'électricité du syndicat du sud de La Réole et la régie municipale multiservices de La Réole. Il conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens. Il ajoute que le démarchage de clients est une des activités de fourniture d'électricité. Il indique également que l'article L. 334-2 du code de l'énergie est placé sous le Titre 3 du livre 3 du code de l'énergie intitulé Commercialisation, corroborant ainsi que les missions de la société Ewa Sud Gironde participent à des activités de fourniture d'électricité. Il fait valoir que le transfert n'est pas une condition préalable posée par le texte mais une conséquence de la conclusion de contrat de fourniture.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 28 janvier 2025, le conseil d'administration de la régie municipale Bazas Energies a approuvé les statuts de la société par actions simplifiée Ewa Sud Gironde. Le préfet de la Gironde demande, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, la suspension de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué () ". Le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens par le représentant de l'État, peut ordonner, sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
3. Aux termes de l'article L. 334-2 du code de l'énergie : " Les entreprises locales de distribution, lorsqu'elles sont dotées de la personnalité morale et de l'autonomie financière, peuvent créer une société commerciale ou entrer dans le capital d'une société commerciale existante, à la condition d'y localiser les activités de fourniture d'électricité ou de gaz à des clients situés en dehors de leur zone de desserte qui ont exercé leur droit prévu à l'article L. 331-1 et de lui transférer leurs contrats de fourniture passés avec ces clients. L'objet social de la société est limité aux activités de production et de fourniture d'énergies de réseau, notamment d'électricité ou de gaz et aux prestations complémentaires. () ".
4. La Régie municipale Bazas Energies, créée en 1926, est une entreprise locale de distribution. Par délibération du 28 janvier 2025, son conseil d'administration a approuvé les statuts de la société par actions simplifiée EWA Sud Gironde. Selon l'article 3 des statuts de cette société tels qu'approuvés par la décision en litige, elle " a pour objet, conformément à l'article L. 334-2 du code de l'énergie, la commercialisation des contrats de fourniture de gaz et d'électricité en offre de marché pour le compte des régies associées. A ce titre, la Société assure notamment les missions suivantes : - le démarchage des clients éligibles situés sur ou hors du territoire des régies associées ; - la présentation aux clients éligibles situés hors du territoire des régies des offres de la SAS Alterna ; - l'apport d'affaires à la SAS Alterna par l'intermédiaire des régies associées. Ainsi que toutes opérations industrielles, commerciales et financières, mobilières ou immobilières pouvant se rattacher directement ou indirectement à l'objet social et à tous objets similaires ou connexes ".
5. Le préfet de la Gironde soutient que la délibération en litige méconnaît l'article L. 334-2 du code de l'énergie dès lors, d'une part, que l'objet social de la société ne consiste pas en une activité de fourniture d'électricité mais à promouvoir les offres de fourniture d'électricité par une société tierce, la société Alterna, et que, d'autre part, les statuts ne prévoient aucun transfert à la société créée des contrats de fourniture passés avec les clients situés hors zone de desserte, la société Ewa Sud Gironde apportant des affaires à la société Alterna. En l'état de l'instruction, ce moyen, dans ces deux branches, compte tenu des termes de l'article L. 334-2 du code de l'énergie et des statuts de la société, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme que la régie municipale Bazas Energies et la société EWA Sud Gironde demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la délibération du 28 janvier 2025 est suspendue.
Article 2 : Les conclusions présentées par la régie municipale Bazas Energies et la SAS Ewa Sud Gironde sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Gironde, à la régie municipale Bazas Energies, à la SAS Ewa Sud Gironde, à la régie d'électricité du syndicat du sud de La Réole et à la régie municipale multiservices de La Réole.
Fait à Bordeaux, le 4 septembre 2025.
La juge des référés, La greffière,
C. BJ. DOUMEFIO
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026