jeudi 14 août 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2505284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | LAVALLÉE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 août 2025, Mme F D et M. C E, en leur qualité de représentants légaux de leur fille Mme B E D, représentés par Me Lavallée, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de leur accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision, révélée par un courriel, par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de leur octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de leur fille ;
3°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de leur octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil rétroactivement à compter de la date d'enregistrement de sa demande d'asile, dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision ne bénéficiait pas d'une délégation de signature ;
- la décision n'est pas motivée, en méconnaissance de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est révélée par un courriel notifié à la directrice du CADA Bordeaux-Bastide ;
- les parents de la requérante n'ont pas été convoqués à un entretien de vulnérabilité ;
- elle a méconnu les dispositions des articles L. 551-9 et L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard, d'une part, des craintes propres de l'enfant B, d'autre part, de la situation de vulnérabilité dans laquelle sont placés les parents, démunis de ressources ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne ses conséquences sur leur situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas dirigée contre un échange de courriels qui, purement informatifs voire confirmatifs d'une précédente décision de portant cessation des conditions matérielles d'accueil, ne font pas grief, ou bien contre une décision inexistante, à défaut de saisine des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'une demande de rétablissement de leurs conditions matérielles d'accueil ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Josserand pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 août 2025 :
- le rapport de M. Josserand,
- les observations de Me Lavallée, représentant Mme E D, en présence de sa mère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F D et M. C E, ressortissants éthiopiens, sont entrés en France le 27 avril 2024, selon leurs dires, afin de solliciter le bénéfice de l'asile, par une demande du 7 mai 2024, qui a été rejetée par deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 27 septembre 2024 puis en dernier lieu par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 24 juin 2025. Le 18 février 2025, ils ont déposé une demande d'asile au nom et pour le compte de leur fille B, née entre-temps, le 2 janvier 2025. Le 1er juillet 2016, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont adressé à Mme D et M. E, par l'intermédiaire de la boîte email du service d'action sociale de la commune de Bordeaux, une lettre de sortie des conditions matérielles d'accueil. Sur une demande du 8 juillet 2016 tendant au maintien des conditions matérielles d'accueil (allocation pour demandeur d'asile et hébergement) au regard de l'âge de l'enfant, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont, par un courriel du 15 juillet 2025, répondu que " la lettre de sortie est maintenue et () l'ADA va s'arrêter ", puis, par un courriel postérieur mais non daté, qu'il a été décidé d'accorder le maintien de la famille en hébergement CADA durant l'instruction de la demande d'asile de l'enfant B mais de refuser le versement à leur profit de l'allocation pour demandeur d'asile. Par la présente requête, Mme B E D, représentée par ses parents, demande au tribunal d'annuler la décision révélée par ces courriels portant refus d'octroi de l'allocation pour demandeur d'asile.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. A termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ( ) ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme D et M. E, en leur qualité de représentants légaux de leur fille B, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ".
4. Ainsi que dit au point 13, il résulte de la décision de la Cour nationale du droit d'asile du 24 juin 2025 qu'" une demande d'asile pour l'enfant a été présentée à l'OFPRA le 6 février 2025 " et qu'" il appartient à l'OFPRA de statuer sur la demande d'asile présentée pour l'enfant même si le recours de ses parents est pendant devant la Cour ". Dans ces conditions, il appartenait à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de proposer à la requérante le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Les parents de l'enfant B ont ainsi déduit de la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont ils bénéficiant que l'Office n'entendait pas en proposer le bénéfice à leur fille. Ainsi, la décision prise par les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant refus de leur octroyer le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile n'est confirmative ni de la décision portant fin des conditions matérielles d'accueil à l'égard des parents, ni de la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
5. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur le cadre juridique applicable au litige :
6. A termes de l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants ". A termes de l'article L. 521-13 de ce code : " L'étranger est tenu de coopérer avec l'autorité administrative compétente en vue d'établir son identité, sa nationalité ou ses nationalités, sa situation familiale, son parcours depuis son pays d'origine ainsi que, le cas échéant, ses demandes d'asile antérieures () ". A termes de l'article L. 531-5 du même code : " Il appartient au demandeur de présenter, aussi rapidement que possible, tous les éléments nécessaires pour étayer sa demande d'asile. Ces éléments sont constitués par ses déclarations et par tous les documents dont il dispose concernant son âge, son histoire personnelle, y compris celle de sa famille, son identité, sa ou ses nationalités, ses titres de voyage, les pays ainsi que les lieux où il a résidé auparavant, ses demandes d'asile antérieures, son itinéraire ainsi que les raisons justifiant sa demande. / Il appartient à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides d'évaluer, en coopération avec le demandeur, les éléments pertinents de la demande ". A termes de l'article L. 531-9 de ce code : " Si des éléments nouveaux sont présentés par le demandeur d'asile alors que la procédure concernant sa demande est en cours, ils sont examinés, dans le cadre de cette procédure, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides s'il n'a pas encore statué ou par la Cour nationale du droit d'asile si elle est saisie ". A termes de l'article L. 531-23 du même code : " Lorsqu'il est statué sur la demande de chacun des parents présentée dans les conditions prévues à l'article L. 521-3, la décision accordant la protection la plus étendue est réputée prise également au bénéfice des enfants. Cette décision n'est pas opposable aux enfants qui établissent que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire ". A termes de l'article L. 531-12 de ce code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides convoque le demandeur d'asile à un entretien personnel par tout moyen garantissant la confidentialité et la réception personnelle de cette convocation. Il peut s'en dispenser dans les situations suivantes : / 1° Il s'apprête à prendre une décision reconnaissant au demandeur la qualité de réfugié à partir des éléments en sa possession ; / 2° Des raisons médicales, durables et indépendantes de la volonté de l'intéressé interdisent de procéder à l'entretien ". A termes de l'article L. 532-3 de même code : " La Cour nationale du droit d'asile ne peut annuler une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et lui renvoyer l'examen de la demande d'asile que lorsqu'elle juge que l'office a pris cette décision sans procéder à un examen individuel de la demande ou en se dispensant, en dehors des cas prévus par la loi, d'un entretien personnel avec le demandeur et qu'elle n'est pas en mesure de prendre immédiatement une décision positive sur la demande de protection au vu des éléments établis devant elle ".
7. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent et de faire valoir, s'il y a lieu, les craintes propres de persécution de ses enfants lors de l'entretien prévu à l'article L. 531-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en va également ainsi en cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger étant tenu d'informer dans les meilleurs délais l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de cette naissance ou entrée, y compris lorsque l'Office a déjà statué sur sa demande.
8. Si cette naissance ou cette entrée intervient postérieurement à l'entretien avec l'étranger, et si l'enfant se prévaut de craintes propres de persécution, il appartient à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de convoquer à nouveau l'étranger afin qu'il puisse, le cas échéant, faire valoir de telles craintes. Lorsque l'Office est informé de ces craintes postérieurement à sa décision sur la demande de l'étranger, il lui appartient en outre de réformer cette décision afin d'en tenir compte. Il en est ainsi y compris après l'enregistrement d'un recours devant la Cour nationale du droit d'asile.
9. Dans ces différents cas, lorsque l'OFPRA n'a pas procédé à un tel examen individuel des craintes propres de l'enfant ou s'est abstenu de convoquer l'étranger à un nouvel entretien, il appartient, en cas de recours, à la CNDA d'annuler la décision de l'OFPRA et de lui renvoyer l'examen des craintes propres de l'enfant si d'une part, elle n'est pas en mesure de prendre immédiatement une décision positive sur la demande de protection de l'enfant au vu des éléments établis devant elle et, d'autre part, elle estime que l'absence de prise en compte de l'enfant ou de ses craintes propres par l'Office n'est pas imputable au parent de cet enfant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
10. A termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; ". Enfin, aux termes de l'article L. 531-41 du même code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. / () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant B est née le 2 janvier 2025, postérieurement à la décision en date du 27 septembre 2024 rendue par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, mais avant la décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 24 juin 2025. Les parents en ont informé les services de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une demande d'asile notifiée le 18 février 2025, soit moins de deux mois après la naissance de l'enfant, dans un délai raisonnable de sorte que l'absence de prise en compte de l'enfant par les services de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans le cadre d'une réformation de sa décision, ne leur est pas imputable.
12. D'une part, il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient l'Office français de l'immigration et de l'intégration, les requérants ne sont pas placés dans une situation dans laquelle ils ont introduit, postérieurement au rejet de définitif de la demande présentée en leur nom propre, une demande d'asile au nom de leur fille, qui constituerait alors une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. D'autre part, par sa décision du 24 juin 2025, la Cour nationale du droit d'asile a considéré qu'" il appartient à l'OFPRA de statuer sur la demande d'asile présentée pour l'enfant () " et qu'" en l'absence de décision motivée par l'OFPRA, statuant sur la demande d'asile de Mme B E D, à la date de la présente décision, il n'y a pas lieu pour le Cour de se prononcer sur les craintes propres de l'enfant ". La Cour a donc estimé que, avant sa propre décision, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait été saisi d'une demande d'asile présentée au nom de l'enfant B, que l'office n'a pas examinée. Compte-tenu de ce qui précède, cette demande présente le caractère d'une demande nouvelle et non d'une demande de réexamen. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne pouvait, sans entacher sa décision d'erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que sa demande d'asile constituait une demande de réexamen.
14. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D et M. E sont fondés à demander l'annulation de la décision du 31 octobre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration leur a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en leur qualité de représentants légaux de leur fille B.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. A termes de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Pour les personnes qui se sont vu reconnaître la qualité de réfugié prévue à l'article L. 511-1 ou accorder le bénéfice de la protection subsidiaire prévue à l'article L. 512-1, le bénéfice de l'allocation prend fin au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision ".
16. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, de verser à cette dernière, à titre rétroactif, par l'intermédiaire de ses représentants légaux, les allocations pour demandeur d'asile non perçues depuis la date de la demande d'asile et jusqu'à ce que cesse son droit au versement de cette allocation en application des dispositions de l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
17. Mme D et M. E, en qualité de représentants légaux de leur fille B, ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lavallée, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Lavallée de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D et M. E, en qualité de représentants légaux de leur fille B, sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a implicitement refusé de d'accorder à Mme D et M. E l'allocation pour demandeur d'asile est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur territorial de l'OFII, sous réserve d'un changement de circonstance de droit ou de fait, d'octroyer à M. E et Mme D, pour le compte de leur fille mineure, le bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile de manière rétroactive à compter du dépôt de sa demande d'asile, en tenant compte de l'ensemble des personnes composant le foyer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'État versera à Me Lavallée une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E et Mme D, représentants légaux de Mme B E D, à Me Lavallée et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 août 2024.
Le magistrat désigné,
L. JOSSERANDLa greffière,
H. MALO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026