mardi 30 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2506575 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAUMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Laumet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision verbale du 19 août 2025 par laquelle la cheffe du département de gestion des praticiens hospitaliers du Centre national de gestion (CNG) des praticiens hospitaliers et personnel de direction de la fonction publique hospitalière a refusé de le payer à temps-plein ;
3°) d’enjoindre au CNG, dans un délai de 8 jours, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui verser les sommes non versées ;
4°) de mettre à la charge du CNG une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il a perçu la moitié de son traitement durant trois mois ; sa situation économique est extrêmement difficile pour cette raison ; ce traitement à mi-temps ne lui permet pas de faire face à ses nombreuses dépenses contraintes ; il a sollicité la prise en charge de frais occasionnés par la recherche d’affectation et son actuelle mission ; le refus de le payer à temps-plein est illégal et porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision est entachée d’une erreur de droit au regard des articles R. 6152-50-1 à R. 6152-50-7 du code de la santé publique, relatifs à la « recherche d’affectation » des praticiens hospitaliers ; la commission nationale statutaire réunie le 12 juin 2025 avait prévu un paiement intégral dans le cadre de son placement en recherche d’affectation ;
- la décision est insuffisamment motivée.
Vu :
- la requête enregistrée le 24 septembre 2025 sous le n° 2506574 par laquelle le requérant demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Vaquero, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B... A..., praticien hospitalier anesthésiste au Centre hospitalier Annecy-Genevois a été placé en position de « recherche d’affectation » pour une durée de trois mois par arrêté du 9 juillet 2025 de la directrice générale du Centre national de gestion (CNG) des praticiens hospitaliers et personnel de direction de la fonction publique hospitalière, et affecté, en vertu d’une convention du 24 juillet 2025 conclue entre le CNG et le CHU de Bordeaux, à l’Unité de soutien méthodologique à la recherche clinique de cet établissement pour la période du 1er août au 31 octobre 2025. A l’occasion d’un échange téléphonique le 19 août 2025, la cheffe du département de gestion des praticiens hospitaliers du CNG lui a appris qu’il ne pourrait pas être payé autrement qu’à mi-temps. Cette décision verbale a été confirmée et matérialisée par le bulletin de salaire du mois d’août 2025. M. A... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de cette décision refusant de le rémunérer à temps-plein.
2. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ». L’article L. 522-3 dudit code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». En vertu de ces dernières dispositions, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête, sans instruction ni audience, notamment lorsqu’elle est dénuée d’urgence, ou qu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. Pour justifier de l’urgence à ce qu’il soit statué sur sa requête, M. A... soutient qu’il perçoit la moitié de son traitement depuis trois mois et que sa situation économique est extrêmement difficile pour cette raison ; ce traitement à mi-temps ne lui permet pas de faire face à ses nombreuses dépenses contraintes ; son placement à mi-traitement et le refus de prendre en charge les frais occasionnés par la recherche d’affectation et son actuelle mission portent atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation.
5. En premier lieu, il résulte de l’instruction, comme cela est clairement reconnu par le requérant lui-même, qu’il est rémunéré à temps partiel sur la base de 50 % d’un temps plein depuis le 1er janvier 2018. Il apparaît également qu’avant même son placement en « recherche d’affectation » au 1er août 2025, il était mis à disposition à titre gratuit par le CH d’Annecy Genevois pour un stage auprès du CHU de Bordeaux depuis le 1er mars 2025 et pour une durée de six mois. Il est constant que durant cette mise à disposition, il continuait à percevoir sa rémunération à temps partiel. Son maintien en mi-traitement à compter du 1er août 2025 ne représente donc en rien une circonstance nouvelle de nature à affecter gravement sa situation financière.
6. En deuxième lieu, s’il résulte de l’instruction que son bulletin de salaire émis par le CNG pour le mois d’août présente un calcul de rémunération à temps partiel sur une base d’émolument à temps plein de 3 558, 14 euros contre un base indiciaire de 5 930, 24 euros sur son bulletin de salaire du mois de juillet 2025 émis par le CH d’Annecy-Genevois, soit une différence entre les deux salaires nets après impôt de 714 euros, il apparaît, selon les termes de la requête, que le CNG s’est engagé à corriger cet écart par un virement de 700 euros à son profit. Il résulte encore de l’instruction que si M. A... fait état des frais induits par la nécessité de disposer d’un double logement, sur Annecy et sur Bordeaux, cette situation existait déjà depuis sa mise à disposition de mars 2025 au CHU de Bordeaux, comme en attestent les quittances de loyers produites. Au demeurant, il résulte de l’instruction que le CNG à accepter de prendre en charge les frais induits par son placement en « recherche d’affectation » et sa mission au CHU de Bordeaux à hauteur de 3 060, 74 euros, en ce compris ses loyers locatifs sur Bordeaux pour les mois de septembre et août 2025. Il apparaît enfin que l’intéressé a réalisé le déménagement de son domicile d’Annecy vers son lieu de résidence à Bordeaux, pour le 1er septembre 2025, mettant fin ainsi aux frais liés à son double logement.
7. Pour l’ensemble de ces raisons, M. A... n’établit pas l’existence d’une urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et impliquant que le juge des référés statue à brève échéance sur sa demande. Par suite, l’une des conditions requises par ces dispositions n’étant pas remplie, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du même code et de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte présentées dans la requête.
8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du Centre national de gestion, qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A... demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête n° 2506575 de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie sera transmise pour information au Centre national de gestion (CNG) des praticiens hospitaliers et personnel de direction de la fonction publique hospitalière.
Fait à Bordeaux, le 30 septembre 2025.
Le juge des référés,
M. Vaquero
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026