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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2506972

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2506972

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2506972
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par Mme A... d'un recours en excès de pouvoir contre une ordonnance de la juge des enfants du tribunal judiciaire de Bergerac suspendant ses droits de visite pour quatre mois. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente, rappelant qu'il n'appartient qu'au juge judiciaire d'apprécier les actes intervenus dans le cadre d'une procédure d'assistance éducative. Cette solution est fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, qui permet de rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence administrative, et sur les articles 375 et suivants du code civil relatifs à l'assistance éducative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2025, Mme B... A... conteste devant le tribunal l’ordonnance du 22 août 2025 par laquelle la juge des enfants au tribunal judiciaire de Bergerac a ordonné la suspension de ses droits de visite à l’égard de son fils E... C... D... A..., pour une durée de quatre mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code civil ;
le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (…) ».

2. Aux termes de l’article 375 du code civil : « Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice (…). Aux termes de l’article 375-1 de ce même code : « Le juge des enfants est compétent, à charge d'appel, pour tout ce qui concerne l'assistance éducative. (…) ». Aux termes de l’article 375-7 du code précité : « (…) S'il a été nécessaire de confier l'enfant à une personne ou un établissement, ses parents conservent un droit de correspondance ainsi qu'un droit de visite et d'hébergement. Le juge en fixe les modalités et peut, si l'intérêt de l'enfant l'exige, décider que l'exercice de ces droits, ou de l'un d'eux, est provisoirement suspendu. »

3. Mme A... conteste devant le tribunal l’ordonnance du 22 août 2025 par laquelle la juge des enfants au tribunal judiciaire de Bergerac a ordonné la suspension de ses droits de visite à l’égard de son fils E... C... D... A..., pour une durée de quatre mois. Or, il n’appartient qu’au juge judiciaire d’apprécier les actes intervenus au cours d’une procédure judiciaire. Dès lors, la requête de Mme A... ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative et doit, par suite être rejetée comme étant portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....



Fait à Bordeaux, le 16 décembre 2025


Le président du tribunal,



G. CORNEVAUX

La République mande et ordonne au ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,


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