Le Tribunal administratif de Bordeaux a été saisi par une requête de Mme B... demandant la prolongation du délai pour compléter son dossier de naturalisation, suite à une décision de classement sans suite du préfet de la Gironde. Le juge a rejeté cette requête comme manifestement irrecevable, au motif que le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision ou à des conclusions indemnitaires, et non d'une simple demande de prolongation de délai. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2025, Mme A... B... demande au tribunal de prolonger le délai lui permettant de compléter son dossier de demande de naturalisation, malgré la décision du 8 septembre 2025 de classement sans suite de son dossier par le préfet de la Gironde.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. » Aux termes de l’article R. 421-1 du code précité : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / (…). ».
3. Par sa requête, Mme B... demande au tribunal de prolonger le délai lui permettant de compléter son dossier de demande de naturalisation, malgré la décision du 8 septembre 2025 de classement sans suite de son dossier par le préfet de la Gironde. Toutefois, le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l’annulation d’une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l’administration est engagée. Ainsi, les conclusions de Mme B..., qui ne conteste pas la légalité de la décision du 8 septembre 2025 par laquelle le préfet de la Gironde a classé sans suite son dossier de naturalisation, mais demande à pouvoir compléter son dossier initial, sont manifestement irrecevables. La requête de Mme B... doit donc être rejetée sur le fondement des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Bordeaux, le 6 janvier 2026.
Le président du tribunal,
G. CORNEVAUX
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,