Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par M. et Mme A... d’un courrier adressé au maire de Blanquefort, constituant un recours gracieux contre une décision de non-opposition à déclaration préalable de travaux. Le juge a constaté que la requête ne contenait aucune conclusion en annulation, mais seulement une demande adressée à l’administration pour retirer sa décision. Il a rappelé qu’il n’appartient pas au juge administratif de se substituer à l’administration ou d’adresser des injonctions en dehors des cas prévus par le code. En application des articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2025, M. C... A... et Mme D... A... soumettent au tribunal un courrier du 25 août 2025 adressé au maire de la commune de Blanquefort ayant pour objet « recours gracieux déclaration n° 0330562500145 Modification d’une ouverture 95 rue Michel Montaigne ».
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…)
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ».
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.
4. La requête déposée par M. et Mme A..., telle qu’enregistrée le 12 novembre 2025, constituent en réalité un recours gracieux exercé contre la décision du 1er août 2025 du maire de la commune de Blanquefort de non opposition à déclaration préalable déposée par M. B... pour la modification d’une ouverture. Si les requérants annoncent leur intention d’exercer un recours, ce courrier est exclusivement adressé au maire de la commune et les conclusions visent à rapporter ou retirer la décision de non opposition précitée. Aucune conclusion en annulation n’est expressément présentée. Dans ces conditions, et alors qu’il n’appartient pas au juge administratif de faire acte d’administrateur, la requête de M. et Mme A... est entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et à Mme D... A....
Fait à Bordeaux, le 20 novembre 2025.
La présidente de la 2ème chambre,
C. CABANNE
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière