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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2508421

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2508421

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2508421
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par M. B... d’une demande d’enlèvement d’épaves sur un parking privé. L’ordonnance rejette la requête pour incompétence de la juridiction administrative, considérant que la mise en fourrière de véhicules, régie par les articles L. 325-1 et L. 325-12 du code de la route, constitue une opération de police judiciaire relevant de l’autorité judiciaire. En application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal rejette la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 décembre 2025, M. A... B... demande au tribunal le retrait de nombreuses épaves sur le parking de la tour n° 6, rue de Naudet à Gradignan.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 325-1 du code de la route : « Les véhicules dont la circulation ou le stationnement en infraction aux dispositions du présent code ou aux règlements de police ou à la réglementation relative à l'assurance obligatoire des véhicules à moteur ou à la réglementation du transport des marchandises dangereuses par route compromettent la sécurité ou le droit à réparation des usagers de la route, la tranquillité ou l'hygiène publique, l'esthétique des sites et des paysages classés, la conservation ou l'utilisation normale des voies ouvertes à la circulation publique et de leurs dépendances, notamment par les véhicules de transport en commun peuvent à la demande et sous la responsabilité du maire ou de l'officier de police judiciaire territorialement compétent, même sans l'accord du propriétaire du véhicule, dans les cas et conditions précisés par le décret prévu aux articles L. 325-3 et L. 325-11, être immobilisés, mis en fourrière, retirés de la circulation et, le cas échéant, aliénés ou livrés à la destruction ».

3. Aux termes de l’article L. 325-12 du même code : « Peuvent, à la demande du maître des lieux et sous sa responsabilité, être mis en fourrière, aliénés et éventuellement livrés à la destruction les véhicules laissés, sans droit, dans les lieux publics ou privés où ne s’applique pas le code de la route. / (…) ».

4. La mise en fourrière d’un véhicule, prescrite en exécution de l’article L. 325-1 du code de la route dans les conditions prévues aux articles R. 325-12 et suivants de ce code, a le caractère d’une opération de police judiciaire. Il suit de là que l’autorité judiciaire est seule compétente pour connaître des actions en responsabilité fondées sur les irrégularités dont serait entachée la mise en fourrière et, notamment, sur celles qui se rapportent à la réalité ou à la constatation des infractions qui l’ont motivée. Ces actions ne relèvent de la juridiction administrative que lorsqu’elles tendent à la réparation des dommages imputés au fait de l’autorité administrative à qui le véhicule a été remis en exécution de la décision de l’officier de police judiciaire.

5. La requête de M. B... tend à l’enlèvement de nombreuses épaves sur stationnées sur le parking privé d’une résidence. Toutefois, il ressort des dispositions du code de la route précitées qu’un tel litige relatif à la mise en fourrière de véhicules, qui se rattache à une opération de police judiciaire ne ressort pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête M. B... comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.



ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée comme portée devant un ordre juridictionnel incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Bordeaux, le 6 janvier 2026.

Le président du tribunal,




G. CORNEVAUX


La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,

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