Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2608755
mardi 3 novembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2608755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement 72 heures |
| Avocat requérant | CHOPLIN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 octobre 2026, M. C... D..., représenté par Me Choplin, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 29 octobre 2026, par lequel la préfète de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de son éloignement et l’a interdit de circuler sur le territoire français pendant trois ans ;
3°) d’enjoindre à la préfète de la Gironde à titre principal, de le désinscrire sans délai du système d’information Schengen sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l’Etat, en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui-même en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.
M. D... soutient que :
En ce qui concerne l’arrêté dans son ensemble :
- le signataire de l’arrêté ne justifie pas de sa compétence ;
- l’arrêté est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
• elle méconnaît les dispositions des articles L. 251-1 et L. 251-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne le refus de départ volontaire :
• il doit être annulé par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
• l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article L. 251-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
• elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
• l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision l’interdisant de circuler sur le territoire français :
• elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
• elle méconnaît les dispositions de l’article L. 251-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2026 avant l’audience, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu’aucun des moyens soulevés par le requérant n’est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bilate, premier conseiller, pour statuer sur les recours présentés sur le fondement de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Bilate,
- et les observations de Me Choplin, représentant de M. D..., également présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et précise que le requérant s’est défait de son addiction à l’alcool durant sa détention, et relève qu’aucune de ses condamnations au pénal n’ont été assorties d’une interdiction judiciaire du territoire français.
La préfète de la Gironde n’étant ni présente ni représentée.
La clôture de l’instruction a été prononcée à la suite de ces observations.
Considérant ce qui suit :
1. M. C... D..., ressortissant portugais né en 1969 est, selon ses déclarations, entré en France en 1979. Le 29 octobre 2026 la préfète de la Gironde a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, il demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence sous réserve de l’appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président ». Eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. D..., il y a lieu de prononcer son admission à l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d’annulation :
3. Aux termes de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / (…) 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; (…) ».
4. En application de ces dispositions, il appartient à l’autorité administrative qui envisage de prendre une mesure d’éloignement à l’encontre d’un ressortissant d’un Etat membre de l’Union européenne de ne pas se fonder sur la seule existence d’une infraction à la loi, mais d’examiner, d’après l’ensemble des circonstances de l’affaire, si la présence de l’intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. L’ensemble de ces conditions doivent être appréciées en fonction de la situation individuelle de la personne, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
5. Pour obliger M. D... à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 2° de l’article L. 251-1 précité, la préfète de la Gironde s’est fondée sur la condamnation de l’intéressé le 10 mars 2017 par le tribunal correctionnel de Saintes à une peine de deux mois d’emprisonnement pour des faits de conduite d’un véhicule en état d’ivresse manifeste et conduite de véhicule terrestre à moteur sans assurance, sur une condamnation le 14 septembre 2018 par ce même tribunal à une peine identique pour un délit de fuite après un accident par conducteur de véhicule terrestre à moteur, conduit malgré une annulation judiciaire du permis de conduire en récidive, et sur une troisième condamnation par la cour d’assises de la Vienne à une peine de 15 ans d’emprisonnement pour des faits de violence commis en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Si ces faits revêtent un degré de gravité considérable, comme le reconnaît d’emblée le requérant à l’audience, l’extrait du casier judiciaire versé par la préfète indique que la commission du dernier d’entre eux remonte au 14 janvier 2016. La préfète de la Gironde n’indique pas que M. D... aurait commis d’autres infractions ou aurait été l’auteur d’agissements répréhensibles durant son incarcération. Il y a ainsi lieu de regarder ces faits comme très anciens. Ils ne peuvent ainsi être regardés comme démontrant que le comportement du requérant constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. En outre, le requérant déclare être entré en France en 1979 sans être sérieusement contredit, et son relevé de carrière fait état de 104 trimestres enregistrés au 1er janvier 2024 et d’une activité professionnelle en France entamée en 1988. Dans ces conditions, M. D... est fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît les dispositions du 2° de l’article L. 251-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de circulation sur le territoire français pendant trois ans.
Sur les conclusions aux fins d’injonction :
7. Le présent jugement qui annule l’arrêté attaqué, implique qu’il soit enjoint à la préfète de la Gironde d’effacer le signalement de M. D... aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. D... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Choplin, avocate de M. D..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Choplin d’une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : M. D... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L’arrêté de la préfète de la Gironde du 29 octobre 2026 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde d’effacer le signalement de M. D... aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L’État versera la somme de 1 200 euros à Me Choplin, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que Me Choplin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État au titre de l’aide juridictionnelle sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus de la requête de M. D... est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C... D..., à Me Choplin et à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2026.
Le magistrat désigné,
X. BILATE
La greffière,
Y. DELHAYE
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête enregistrée le 30 octobre 2026, M. C... D..., représenté par Me Choplin, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d’annuler l’arrêté du 29 octobre 2026, par lequel la préfète de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de son éloignement et l’a interdit de circuler sur le territoire français pendant trois ans ;
3°) d’enjoindre à la préfète de la Gironde à titre principal, de le désinscrire sans délai du système d’information Schengen sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l’Etat, en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui-même en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.
M. D... soutient que :
En ce qui concerne l’arrêté dans son ensemble :
- le signataire de l’arrêté ne justifie pas de sa compétence ;
- l’arrêté est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
• elle méconnaît les dispositions des articles L. 251-1 et L. 251-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
• l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne le refus de départ volontaire :
• il doit être annulé par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
• l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article L. 251-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
• elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
• l’arrêté méconnaît les dispositions de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision l’interdisant de circuler sur le territoire français :
• elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
• elle méconnaît les dispositions de l’article L. 251-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2026 avant l’audience, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu’aucun des moyens soulevés par le requérant n’est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bilate, premier conseiller, pour statuer sur les recours présentés sur le fondement de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Bilate,
- et les observations de Me Choplin, représentant de M. D..., également présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et précise que le requérant s’est défait de son addiction à l’alcool durant sa détention, et relève qu’aucune de ses condamnations au pénal n’ont été assorties d’une interdiction judiciaire du territoire français.
La préfète de la Gironde n’étant ni présente ni représentée.
La clôture de l’instruction a été prononcée à la suite de ces observations.
Considérant ce qui suit :
1. M. C... D..., ressortissant portugais né en 1969 est, selon ses déclarations, entré en France en 1979. Le 29 octobre 2026 la préfète de la Gironde a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, il demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence sous réserve de l’appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente ou son président ». Eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. D..., il y a lieu de prononcer son admission à l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d’annulation :
3. Aux termes de l’article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / (…) 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; (…) ».
4. En application de ces dispositions, il appartient à l’autorité administrative qui envisage de prendre une mesure d’éloignement à l’encontre d’un ressortissant d’un Etat membre de l’Union européenne de ne pas se fonder sur la seule existence d’une infraction à la loi, mais d’examiner, d’après l’ensemble des circonstances de l’affaire, si la présence de l’intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. L’ensemble de ces conditions doivent être appréciées en fonction de la situation individuelle de la personne, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
5. Pour obliger M. D... à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 2° de l’article L. 251-1 précité, la préfète de la Gironde s’est fondée sur la condamnation de l’intéressé le 10 mars 2017 par le tribunal correctionnel de Saintes à une peine de deux mois d’emprisonnement pour des faits de conduite d’un véhicule en état d’ivresse manifeste et conduite de véhicule terrestre à moteur sans assurance, sur une condamnation le 14 septembre 2018 par ce même tribunal à une peine identique pour un délit de fuite après un accident par conducteur de véhicule terrestre à moteur, conduit malgré une annulation judiciaire du permis de conduire en récidive, et sur une troisième condamnation par la cour d’assises de la Vienne à une peine de 15 ans d’emprisonnement pour des faits de violence commis en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Si ces faits revêtent un degré de gravité considérable, comme le reconnaît d’emblée le requérant à l’audience, l’extrait du casier judiciaire versé par la préfète indique que la commission du dernier d’entre eux remonte au 14 janvier 2016. La préfète de la Gironde n’indique pas que M. D... aurait commis d’autres infractions ou aurait été l’auteur d’agissements répréhensibles durant son incarcération. Il y a ainsi lieu de regarder ces faits comme très anciens. Ils ne peuvent ainsi être regardés comme démontrant que le comportement du requérant constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. En outre, le requérant déclare être entré en France en 1979 sans être sérieusement contredit, et son relevé de carrière fait état de 104 trimestres enregistrés au 1er janvier 2024 et d’une activité professionnelle en France entamée en 1988. Dans ces conditions, M. D... est fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît les dispositions du 2° de l’article L. 251-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, les décisions portant refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et interdiction de circulation sur le territoire français pendant trois ans.
Sur les conclusions aux fins d’injonction :
7. Le présent jugement qui annule l’arrêté attaqué, implique qu’il soit enjoint à la préfète de la Gironde d’effacer le signalement de M. D... aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. D... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Choplin, avocate de M. D..., renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Choplin d’une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : M. D... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L’arrêté de la préfète de la Gironde du 29 octobre 2026 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde d’effacer le signalement de M. D... aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L’État versera la somme de 1 200 euros à Me Choplin, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que Me Choplin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État au titre de l’aide juridictionnelle sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus de la requête de M. D... est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C... D..., à Me Choplin et à la préfète de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2026.
Le magistrat désigné,
X. BILATE
La greffière,
Y. DELHAYE
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,