vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2025049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CAZANAVE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, la requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 7 octobre 2020, présentée par M. B C.
Par cette requête enregistrée le 7 octobre 2020, M. B C, représenté par Me Cazanave, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Toulouse a rejeté son recours hiérarchique formé le 25 février 2020 à l'encontre de la décision du 22 janvier 2020 lui notifiant une réduction de 50 % du montant de son complément indemnitaire annuel ;
2°) d'enjoindre au maire de Toulouse de fixer le taux de son complément indemnitaire annuel à 100 % et de lui verser le complément auquel il a droit, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale pour se fonder sur le rappel à l'ordre pris à son encontre le 25 octobre 2019, lequel constitue un sanction disciplinaire entachée d'un vice de procédure, d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa manière de servir ;
- la décision attaquée est illégale pour se fonder sur l'évaluation professionnelle réalisée le 29 octobre 2019, laquelle est dénuée de fondement et est entachée d'une inexactitude matérielle des faits et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa manière de servir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2021, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en ce qu'elle tend à l'annulation du rappel à l'ordre du 25 octobre 2019 qui constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;
- à titre subsidiaire, les moyens tirés, par le voie de l'exception, de l'illégalité du rappel à l'ordre du 25 octobre 2019 et de l'évaluation professionnelle du 29 octobre 2019, sont irrecevables ;
- à titre infiniment subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Moynier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint technique de 2ème classe au sein de la direction des sports de la mairie de Toulouse, est affecté depuis le 1er juillet 2016, sur un poste d'agent d'entretien, accueil, caisse et surveillance du complexe sportif d'Alex Jany. Le 22 janvier 2020, il a reçu notification de la décision de l'autorité territoriale relative à son complément indemnitaire annuel (CIA) attribué au titre de l'année 2019, dont le taux a été fixé à 50 %. Par un courrier du 20 février 2020, il a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision auprès du maire de Toulouse, réceptionné le 26 février suivant, qui a été implicitement rejeté à la suite du silence gardé par l'administration. Par la requête susvisée, M. C demande au tribunal d'annuler cette dernière décision ainsi que la décision initiale du 22 janvier 2020 fixant son taux de CIA au titre de l'année 2019 à 50 % et qu'il soit enjoint au maire de Toulouse de fixer celui-ci à 100 %.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception d'illégalité n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée.
3. D'une part, M. C ne peut exciper de l'illégalité du rappel à l'ordre du 25 octobre 2019 dès lors que ni la décision de rejet de son recours hiérarchique formé le 20 février 2020, ni la décision initiale du 22 janvier 2020, n'ont été prises pour l'application de ce rappel à l'ordre, qui ne constitue pas davantage leur base légale. Par suite, comme l'oppose la commune de Toulouse, les moyens dirigés à l'encontre de ce rappel à l'ordre sont irrecevables et doivent être écartés.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le compte-rendu de l'évaluation professionnelle effectuée le 29 octobre 2019 avec son supérieur hiérarchique direct, qui comportait les voies et délais de recours, a été notifié à M. C le 12 novembre 2019. Ainsi que le fait valoir la commune de Toulouse, il n'est pas contesté que le requérant n'a pas formé de recours à l'encontre de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2019 qui, était, dès lors, devenue définitive à la date d'enregistrement de sa requête. Par suite, les moyens tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette évaluation professionnelle sont irrecevables et doivent être écartés.
5. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa rédaction applicable au litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le régime indemnitaire fixé par les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et les conseils d'administration de leurs établissements publics pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes. () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat dans sa rédaction applicable au litige : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. (). ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'il revient à l'assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale de fixer elle-même la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités bénéficiant aux fonctionnaires de la collectivité, sans que le régime ainsi institué puisse être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat d'un grade et d'un corps équivalents au grade et au cadre d'emplois de ces fonctionnaires territoriaux et sans que la collectivité soit tenue de faire bénéficier ses fonctionnaires de régimes indemnitaires identiques à ceux des fonctionnaires de l'Etat.
7. A supposer que M. C ait entendu soutenir que sa manière de servir au cours de l'année 2019 justifiait que lui soit attribué un taux de CIA de 100 %, il ressort des pièces du dossier, et en particulier du compte-rendu de l'entretien professionnel du 29 octobre 2019, que l'intéressé a manqué de constance et de régularité dans ses tâches de travail, en ce qui concerne notamment le suivi du plan de travail (technique et analyses des eaux), ainsi que cela avait déjà été relevé à l'occasion des évaluations réalisées au titre des années 2017 et 2018. Les aptitudes relationnelles de M. C n'ont pas été jugées satisfaisantes en ce qui concerne les items " capacité d'écoute et de dialogue " et " entraide professionnelle, partage de l'information, des connaissances et de l'expérience professionnelle ", de même que son sens des responsabilités, en ce qui concerne tout particulièrement sa " capacité à mobiliser l'ensemble des ressources mis à sa disposition pour exercer ses missions de manière autonome ". Son évaluateur souligne à cet égard qu'il doit améliorer son dialogue avec ses collègues ainsi que sa constance dans l'accomplissement de ses tâches de travail. En se bornant à soutenir que les faits à l'origine de cette évaluation professionnelle sont mensongers, sans assortir ses allégations du moindre élément probant, M. C n'établit pas que sa manière de servir aurait justifié l'attribution d'un taux de CIA supérieur à celui qu'il a obtenu au titre de l'année 2019. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la manière de servir du requérant doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles l'autorité territoriale a fixé à 50 % le taux du CIA attribué au titre de l'année 2019.
Sur les autres conclusions :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse au requérant la somme demandée par lui au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Gavalda, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022.
La rapporteure,
A. ALe président,
J-P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 4 novembre 2022.
La greffière,
B. Flaesch
il
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026