mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2101480 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PHILIPPE SENMARTIN ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête enregistrée le 2 février 2021, sous le n° 2100529, Mme C B, représentée par Me Morat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 août 2020 par laquelle l'inspectrice du travail de la section n° 7 de l'unité de contrôle n° 3 de l'unité départementale de l'Hérault de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Occitanie (DIRECCTE Occitanie), a accordé à la SAS Transdev Occitanie Littoral l'autorisation de la licencier ;
2°) de mettre à la charge de la SAS Transdev Occitanie Littoral la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de motivation en ce qu'elle ne fait pas mention de l'absence de lien avec ses mandats antérieurs ;
- son licenciement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'obligation de reclassement et de la recherche de postes appropriés et quant à l'absence de reclassement ;
- la décision de licenciement est en lien avec l'exercice de son mandat syndical.
Par un mémoire enregistré le 19 avril 2021, la DIRECCTE Occitanie expose qu'en vertu de l'article 1er du décret n° 87-1116 du 24 décembre 1987 relatif à la déconcentration de la défense de l'Etat dans les actions de l'inspection de la législation du travail il appartient au ministre du travail, saisi d'un recours hiérarchique contre la décision de l'inspecteur du travail, de défendre dans cette affaire.
Par des mémoires enregistrés les 11 mai et 7 juillet 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Transdev Occitanie Littoral, représentée par la SELARL Capstan Pytheas avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Une mise en demeure a été adressée, le 31 mai 2021, à la ministre du travail, qui n'a pas présenté d'observations en défense.
II.- Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 mars 2021 et 21 juin 2021, sous le n° 2101480, Mme C B, représentée par Me Morat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 27 janvier 2021 par laquelle la ministre du travail a rejeté le recours hiérarchique qu'elle avait formé, a annulé la décision de l'inspectrice du travail du 7 août 2020 et a autorisé son licenciement pour inaptitude médicale ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle reprend les mêmes moyens que dans l'instance susvisée n° 2100529.
Par un mémoire enregistré le 20 mai 2021, le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés ainsi que le démontre le rapport établi par la contre-enquêtrice de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) dans le cadre de l'instruction du recours hiérarchique que la requérante a formé.
Par un mémoire enregistré le 7 juillet 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Transdev Occitanie Littoral, représentée par la SELARL Capstan Pytheas avocats, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- les observations orales de Me Massiave pour la SAS Transdev Occitanie Littoral,
- et les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B a été recrutée, le 1er septembre 2009, par contrat à durée indéterminée, en qualité de conducteur-receveur, par la société Pays d'Oc Mobilités, devenue SAS Transdev Occitanie Littoral, dont le secteur d'activité est le transport routier de voyageurs. Elle a été désignée représentante de section syndicale CGT au sein de l'entreprise le 3 janvier 2017 avec effet au 17 octobre 2016. Mme B a été victime d'un accident du travail le 5 février 2019 et a été placée en arrêt maladie pendant un an. Le 26 février 2020, le médecin du travail a conclu qu'elle était inapte à reprendre son poste puis, le 16 mars 2020, a prononcé son inaptitude aux fonctions de conducteur-receveur, conformément aux dispositions de l'article L. 1226-10 du code du travail, avis qui n'a pas été contesté. Une solution de reclassement sur un poste d'agent de signalétique au sein de la société STBC à Chelles, compatible avec son état de santé a été proposée à Mme B que celle-ci a refusée par un mail du 20 mai 2020. Sur demande de son employeur du 9 juillet 2020, reçue le 15 juillet 2020, l'inspectrice du travail de la section n° 7 de l'unité de contrôle n° 3 de l'unité départementale de l'Hérault de la DIRECCTE Occitanie a autorisé le licenciement de Mme B pour inaptitude par une décision en date du 7 août 2020, objet de la requête n° 2100529. Mme B a exercé un recours hiérarchique contre cette décision réceptionnée le 25 septembre 2020, qui a été rejeté implicitement rejeté puis, explicitement, par une décision du 27 janvier 2021 que Mme B conteste par la seconde requête susvisée n° 2101480.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2100529 et n° 2101480, qui concernent la situation d'une même salariée, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour donner lieu à un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre du travail du 27 janvier 2021 :
3. Lorsqu'il est saisi d'un recours hiérarchique contre une décision d'un inspecteur du travail statuant sur une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, le ministre chargé du travail doit, soit confirmer cette décision, soit, si celle-ci est illégale, l'annuler puis se prononcer de nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement compte tenu des circonstances de droit et de fait à la date à laquelle il prend sa propre décision. Dans le cas où le ministre, ainsi saisi d'un recours hiérarchique, annule la décision par laquelle un inspecteur du travail a autorisé le licenciement d'un salarié protégé, il est tenu de motiver l'annulation de cette décision ainsi que le prévoit l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration pour les décisions de retrait ou d'abrogation de décision créatrices de droit. En particulier, il doit indiquer les considérations pour lesquelles il estime que la décision de l'inspecteur du travail est illégale.
4. L'inspecteur du travail doit prendre en compte tous les mandats au titre desquels le salarié est protégé au-delà des omissions éventuelles figurant dans la demande de l'employeur. Dans sa décision autorisant le licenciement de Mme B, l'inspectrice du travail de la section n° 7 de l'unité de contrôle n° 3 de l'unité départementale de l'Hérault de la DIRECCTE Occitanie a retenu que l'intéressée était candidate aux élections du comité économique et social mais que la demande de licenciement n'était pas liée à cette candidature. Si la demande d'autorisation de licenciement présentée par l'employeur mentionne seulement que Mme B bénéficie du statut de salarié protégé en sa qualité de candidate à l'élection au comité social et économique du 18 octobre 2019, il ressort des pièces du dossier que l'inspectrice du travail avait eu connaissance du mandat de représentante de section syndicale exercée par la requérante ce qui a conduit le ministre du travail, dans le cadre du recours hiérarchique dont l'avait saisi Mme B, d'annuler, par sa décision du 27 janvier 2021, pour insuffisance de motivation, la décision de l'inspectrice du travail. Or, la décision prise par le ministre fait état précisément de l'exercice du mandat de représentante de section syndicale exercée par Mme B. Le moyen tiré du défaut de motivation doit donc être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 1226-10 du code du travail : " Lorsque, à l'issue des périodes de suspension du contrat de travail consécutives à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, le salarié est déclaré inapte par le médecin du travail, en application de l'article L. 4624-4, à reprendre l'emploi qu'il occupait précédemment, l'employeur lui propose un autre emploi approprié à ses capacités, au sein de l'entreprise ou des entreprises du groupe auquel elle appartient le cas échéant, situées sur le territoire national et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel./ Cette proposition prend en compte, après avis du comité économique et social, les conclusions écrites du médecin du travail et les indications qu'il formule sur l'aptitude du salarié à exercer l'une des tâches existant dans l'entreprise. Le médecin du travail formule également des indications sur l'aptitude du salarié à bénéficier d'une formation le préparant à occuper un poste adapté./ L'emploi proposé est aussi comparable que possible à l'emploi précédemment occupé, au besoin par la mise en œuvre de mesures telles que mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou aménagement du temps de travail./ Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce.". Aux termes de l'article L. 1226-12 du même code : " Lorsque l'employeur est dans l'impossibilité de proposer un autre emploi au salarié, il lui fait connaître par écrit les motifs qui s'opposent au reclassement. / L'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il justifie soit de son impossibilité de proposer un emploi dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, soit du refus par le salarié de l'emploi proposé dans ces conditions, soit de la mention expresse dans l'avis du médecin du travail que tout maintien du salarié dans l'emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou que l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement dans l'emploi./ L'obligation de reclassement est réputée satisfaite lorsque l'employeur a proposé un emploi, dans les conditions prévues à l'article L. 1226-10, en prenant en compte l'avis et les indications du médecin du travail./ S'il prononce le licenciement, l'employeur respecte la procédure applicable au licenciement pour motif personnel prévue au chapitre II du titre III. ".
6. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement d'un salarié protégé est motivée par l'inaptitude physique, il appartient à l'administration de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que l'employeur a, conformément aux dispositions des articles L. 1226-10 et L. 1226-12 du code du travail, cherché à reclasser le salarié sur d'autres postes appropriés à ses capacités, le cas échéant par la mise en œuvre, dans l'entreprise, de mesures telles que mutations ou transformations de postes de travail ou aménagement du temps de travail. Le licenciement ne peut être autorisé que dans le cas où l'employeur n'a pu reclasser le salarié dans un emploi approprié à ses capacités au terme d'une recherche sérieuse, menée tant au sein de l'entreprise que dans les entreprises dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent avec elles, d'y effectuer la permutation de tout ou partie de son personnel. Lorsqu'après son constat d'inaptitude, le médecin du travail apporte des précisions quant aux possibilités de reclassement du salarié, ses préconisations peuvent, s'il y a lieu, être prises en compte pour apprécier le caractère sérieux de la recherche de reclassement de l'employeur.
7. L'obligation de reclassement s'applique dès lors qu'un avis d'inaptitude au travail est émis par le médecin du travail, après la visite nécessaire à sa constatation. S'il n'existe pas, en matière d'obligation de reclassement, d'obligation de résultat, il existe cependant une obligation de moyens dès lors qu'il appartient à l'employeur d'établir la réalité et le sérieux de ses recherches. Il ressort des pièces des dossiers que, dans le cadre d'une visite de reprise du travail le 16 mars 2020, le médecin du travail a délivré un avis d'inaptitude médicale de Mme B à son poste de conducteur-receveur en lien avec son accident du travail, l'intéressée n'étant plus en mesure de rester en station assise de manière prolongée au-delà d'une durée supérieure à 30 minutes et ne pouvant donc plus assurer les temps de conduite inhérents à son emploi. A la suite de cet avis, la société Transdev Occitanie Littoral a sollicité le médecin du travail, le 25 mars 2020, afin d'obtenir des préconisations en vue du reclassement de Mme B sur des postes autres que celui de conducteur-receveur. Le 23 avril suivant, l'employeur a de nouveau saisi le médecin du travail en faisant observer qu'en interne aucun poste ne pouvait être proposé à Mme B eu égard à ses préconisations mais que la recherche d'emploi au sein du Groupe Transdev avait permis d'identifier un poste d'agent signalétique, au sein de la société STBC, et lui demandait son avis sur ce poste tout en indiquant qu'elle restait prête à étudier tout autre poste au sein du groupe dans le but de permettre le reclassement de Mme B. Le 3 juin 2020, le médecin du travail estimait que le poste d'agent signalétique pouvait être proposé à l'intéressée et le comité social et économique, consulté le 7 mai 2020 sur la recherche de reclassement, s'est prononcé favorablement à cette proposition de poste. Toutefois, après avoir pris connaissance de la fiche de poste et des éléments de rémunération correspondants, Mme B a refusé ce reclassement par un courriel du 20 mai 2020. Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient Mme B, les recherches de reclassement ont été réalisées en lien avec la médecine du travail de manière à lui proposer un reclassement sur un poste compatible avec son état de santé, le médecin du travail ayant d'ailleurs adressé à l'employeur un courrier lui demandant de revoir la salariée en cas d'acceptation du poste.
8. La requérante fait valoir que différents postes auraient pu lui être proposés. Si elle soutient qu'un poste de contrôleur dont l'appel à candidature a été diffusé le 5 décembre 2019 aurait dû lui être proposé, il ressort toutefois des pièces du dossier que le poste dont s'agit a été pourvu au mois de janvier 2020 à une date où l'inaptitude de Mme B n'avait pas été encore constatée et, en outre, que ce poste, qui nécessite des temps de conduite, n'aurait, en tout état de cause, pas été compatible avec les recommandations de limitation de la station assise préconisées par le médecin du travail. Quant au poste de chargé de planning prépaie, en contrat à durée déterminée situé dans le département de Seine et Marne, Mme B n'aurait pas pu prétendre y postuler dans la mesure où il s'agit d'un poste d'agent de maîtrise nécessitant un niveau bac+3 que ne possède pas la requérante. Il ressort également des pièces du dossier que le poste d'agent de planification sous contrat à durée indéterminée situé aux Pennes-Mirabeau n'a pas été pourvu et a été annulé par suite de la crise sanitaire Covid et de la restriction budgétaire qui en a résulté. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment du bilan social 2019, qu'un nombre important d'emplois au sein de la société Transdev Occitanie Littoral est consacré aux agents de conduite, avec 24 278 emplois d'ouvriers conducteurs contre 1 900 emplois d'ouvriers non conducteurs, ratio qui exprime les difficultés à reclasser l'intéressée au sein même de la société, et qu'à la date à laquelle l'inaptitude de Mme B a été constatée et dans la phase de recherche de reclassement il n'existait pas de postes vacants compatibles au regard de ses compétences et des recommandations émises par le médecin du travail. Dans ces conditions, la société Transdev Occitanie Littoral démontre avoir procédé à des recherches réelles, complètes et approfondies en vue d'assurer le reclassement de Mme B tant à l'intérieur de la société qu'au sein des autres sociétés auquel elle appartient et que, par suite, l'employeur a satisfait à ses obligations de reclassement. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'obligation sérieuse et loyale de recherche d'une solution de reclassement qui pèse sur l'employeur aurait été méconnue.
9. En vertu du code du travail, les salariés protégés bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'inaptitude physique, il appartient à l'inspecteur du travail, et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge, si cette inaptitude est telle qu'elle justifie le licenciement envisagé, compte tenu des caractéristiques de l'emploi exercé à la date à laquelle elle est constatée, de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé, des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi, et de la possibilité d'assurer son reclassement dans l'entreprise et non de rechercher la cause de cette inaptitude. Toutefois, il appartient en toutes circonstances à l'autorité administrative de faire obstacle à un licenciement en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par un salarié ou avec son appartenance syndicale. Par suite, même lorsque le salarié est atteint d'une inaptitude susceptible de justifier son licenciement, la circonstance que le licenciement envisagé est également en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale fait obstacle à ce que l'administration accorde l'autorisation sollicitée. Le fait que l'inaptitude du salarié résulte d'une dégradation de son état de santé, elle-même en lien direct avec des obstacles mis par l'employeur à l'exercice de ses fonctions représentatives, est à cet égard, de nature à révéler l'existence d'un tel rapport.
10. Mme B soutient que son inaptitude est en lien direct avec la dégradation de ses conditions de travail en rapport avec son statut de déléguée du personnel et son investissement syndical. Elle expose que son employeur a eu une attitude de dénigrement systématique à son égard et de remise en cause constante en raison de son affiliation à la CGT et que, dès le début de son mandat en 2017, elle a fait l'objet de plusieurs sanctions disciplinaires toutes infondées, en raison de son appartenance syndicale. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 31 janvier 2017, Mme B a été désignée représentante de la section syndicale avec effet au 17 octobre 2016. Ce mandat a pris fin lors des élections au comité social et économique au mois d'octobre 2019. L'allégation selon laquelle le directeur de la société Transdev Occitanie Littoral aurait eu une attitude discriminante envers les personnels et représentants syndicaux affiliés à la CGT n'est nullement démontrée non plus que la misogynie de ce dernier. Il ressort des pièces du dossier que plusieurs faits dénoncés par Mme B dans ses écritures en 2016, 2017 et 2018 ne sont pas liés à la présence de M. A, ce dernier n'ayant pris ses fonctions en qualité de directeur de la société Transdev Occitanie Littoral que le 3 septembre 2018, soit postérieurement à ces faits. En outre, il ressort des pièces du dossier que Mme B a fait l'objet d'une mise à pied disciplinaire de trois jours notifiée le 14 juin 2017 à la suite d'une altercation avec un collègue, d'une deuxième mise à pied disciplinaire de trois jours notifiée le 3 avril 2018 à la suite d'une attitude déplacée envers un collègue de travail, d'une troisième mise à pied disciplinaire d'un jour le 23 juillet 2018 en raison d'une faute professionnelle et d'une quatrième mise à pied disciplinaire de trois jours le 23 novembre 2018 résultant d'une faute professionnelle, mesures dont le conseil des Prud'hommes de Montpelier a, dans son jugement du 2 juin 2021, reconnu le bien-fondé. Ces sanctions disciplinaires sont sans lien avec l'exercice du mandat de représentante de la section syndicale CGT et il ne ressort d'aucune des pièces produites au dossier que l'autorisation de licenciement serait motivée par la volonté de l'employeur de faire obstacle à l'exercice, par Mme B, de ses fonctions représentatives. En l'absence de lien démontré entre le mandat de représentante de section syndicale de la requérante et la procédure de licenciement en litige, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le ministre du travail n'a pas commis d'erreur de droit ou d'appréciation en annulant la décision de l'inspectrice du travail et en autorisant le licenciement de Mme B. Par suite, Mme B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision ministérielle en date du 27 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de l'inspectrice du travail de la requête 2100529 :
12. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans la mesure où le présent jugement n'annule pas la décision de la ministre du travail du 27 janvier 2021 qui opère le retrait de la décision de l'inspectrice du travail du 7 août 2020, les conclusions dirigées contre cette dernière décision se trouvent dépourvues d'objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail en date du 7 août 2020.
Sur les dépens :
13. Aucuns dépens n'ayant été exposé, les demandes présentées à ce titre par Mme B et par la SAS Transdev Occitanie Littoral ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la SAS Transdev Occitanie Littoral et de l'Etat, qui ne sont pas, dans les présentes instances, les parties perdantes. Dans les circonstances de l'espèce, sur le même fondement, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme que la SAS Transdev Occitanie Littoral sollicite au titre des frais liés aux litiges.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2101480 présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B dans l'instance n° 2100529.
Article 3 : Les conclusions de la SAS Transdev Occitanie Littoral présentées en application des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme C B, à la société par actions simplifiée Transdev Occitanie Littoral, au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Occitanie et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur La présidente
M. D
La Greffière
C. Arce
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 mars 2023
La greffière,
C. Arce
N° 2100529
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026